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UNIVERSITÉ CANULARESQUE

18 mars 2015

QUELQUES DÉFINITIONS :

Canule : Diminutif de canne, roseau. 1° Petit tuyau qui forme l’extrémité d’une seringue. 2° Robinet de bois qu’on met à un tonneau en perce. 3° Tube plus ou moins long, d’un diamètre variable, solide ou flexible, droit ou courbe, ouvert à ses deux extrémités, et dont on se sert dans beaucoup d’opérations chirurgicales. (Littré)

Canuler : Familier. Dérivé de canule, probablement par allusion au caractère désagréable des lavements administrés avec cet objet. 1° Ennuyer, en particulier par des propos importuns. « Se laisser canuler une heure par un idiot » (Courteline, La Vie de Ménage) ; « Je reconnaissais toutes les étoiles… Presque toutes en somme… et je savais bien les noms!… Il m’avait assez canulé l’autre olibrius avec ses orbites trajectoires!… C’est drôle comme je les avais retenus sans bonne volonté d’ailleurs…  » (Céline, Mort à Crédit). 2° Faire un canular à quelqu’un, le mystifier. (D’après le Trésor de la Langue Française)

Canular ou canulard (par analogie avec : bobard, brocard, chambard, jobard, etc. [et autres mots péjoratifs ou non en « ard »]). 1° Sous la forme canularium en particulier qui est du latin de cuisine, argot de l’École Normale Supérieure (XIXe siècle), vieilli. Brimade amusante infligée par les anciens aux nouveaux élèves. 2° Par extension, familier. Blague, farce ; en particulier nouvelle fantaisiste : « Comme Alexis est (ou plutôt était) au physique le double presque parfaitement ressemblant de son frère, on n’a pas voulu admettre la mort de Benjamin, on a cru à un jeu macabre, à la suppression de leur dédoublement par manière de rigolade, pour rouler les gens, c’était le dernier canular surréaliste… » (Abellio, Heureux les Pacifiques). (idem)

QUELQUES MOTS DE PRÉSENTATION :

Le texte qui suit a été mis ces jours derniers en commentaire à un article paru sur « Carnet Zilser » dont je ne sais rien de plus, sauf qu’il semble être lié au milieu universitaire desdites sciences humaines. Ce commentaire n’a apparemment pas été publié et n’a pas amené d’accusé de réception comme il était énoncé. On est au moins deux personne à qui cela est arrivé, le même jour d’ailleurs.

L’article est trop long à être cité et je ne reproduis ici que la présentation de celui-ci, qui explique le contexte :

Comment confondre les imposteurs : les vertus critiques du canular.

14 mars 2015.

Une semaine après la révélation du canular, l’improbable « Jean-Pierre Tremblay » n’est déjà plus qu’un souvenir et un spectre-qui-hante sur la plateforme Cairn.info. L’article a en effet été retiré par la rédaction de la « revue des Sciences Humaines et Sociales » Sociétés. Son directeur, qui en appelle à la raison pour une fois, s’est fendu d’un étonnant – c’est peu dire – mot d’excuse. Alors, on arrête ? Non, surtout pas. Le travail de démontage et d’enquête collective doit pouvoir continuer parce que ces moments de vérité sont trop rares dans nos disciplines. Dans le prolongement donc de l’article de révélation et d’analyse du canular co-signé par Manuel Quinon et Arnaud Saint-Martin (et publié le 7 mars 2015), la rédaction du Carnet Zilsel propose d’approfondir la discussion les semaines prochaines. Bernard Lahire, le premier, enfonce le clou dans l’article qui suit. Il revient d’abord sur les suites douces-amères de la thèse d’astrologie d’É. Teissier, puis met en avant les vertus du canular lorsque la cible visée par la critique rationnelle finit par se dérober.

Le canular soigneusement préparé par deux jeunes sociologues français, Manuel Quinon et Arnaud Saint-Martin, pour porter un éclairage critique sur la nature très problématique de ce qui se publie dans la revue française Sociétés, dirigée par Michel Maffesoli, est un formidable coup de maître dont on se souviendra longtemps. Par une mystification démystificatrice, les auteurs de ce canular provoquent l’éclat de rire, mais font surtout voler en éclat le sérieux d’une entreprise anti-scientifique qui se pare des attributs de la science.

*

Voici mon commentaire à des expressions qui sont notées entre parenthèses ci-dessous :

Juste quelques réflexions car il y aurait tant à dire :

1/ On n’écrit pas « l’auteure » pour parler d’une femme auteur, mais tout simplement « l’auteur », b.a.ba de la grammaire française ; éventuellement si l’on vont marquer qu’il s’agit d’une femme, on écrit « femme auteur ». Mais si l’on tient vraiment à féminiser il existe des vrais marques de suffixation comme « -rice » (instituteur, institutrice), « -oresse » (docteur, doctoresse), « euse » (chanteur, chanteuse), et sans doute d’autres encore. « Auteure » est une véritable hérésie orthographique, je ne vois pas beaucoup de substantifs féminins en « -eure » si ce n’est, au premier abord, le mot « heure », mais ce mot n’a pas de masculin.

2/ « Comment devenir docteur en sociologie sans posséder le métier de sociologue ? » [Ou obtenir un poste universitaire ?] Comme la plupart du temps, sans métier ou avec d’ailleurs, par le copinage (généralement politique, [syndical…], parfois même ethnique pour employer un terme volontairement vague) ; en sociologie comme partout ailleurs à l’Université et au CNRS. Où règnent en maîtres, esprit féodal ou maffieux. Cooptation.

3/ « Oxymores qui tiennent lieu d’explication, phrases incompréhensibles qui font passer le creux pour du profond et le vague pour du complexe ». Il n’y a que ça à l’Université, et dans tous les domaines. Dans celui que j’ai fréquenté pendant plusieurs années, celui des dites sciences humaines, je peux vous dire qu’il suffit de lire quelques pages du pape de la sociologie feu Bourdieu pour le constater. De tout ce fatras, de ce jargon imbuvable et de ces pseudo-concepts, que ressort-il ? Qu’il vaut mieux être riche et bien né que pauvre et fils de gueux. Quelle découverte !

4/ « Le sérieux de la recherche » ?! Il est bien connu qu’un quart au moins des articles des sciences exactes présentent des résultats bidouillés. Parus même dans les revues les plus sérieuses. Course aux budgets de recherche oblige. Audace toujours de l’audace et de la bassesse.

Il est bien connu également que la recherche historique dans le domaine de la Seconde Guerre Mondiale est totalement idéologique, ou plus exactement politiquement orientée et imposée, verrouillée, et qu’elle relève tout simplement de l’idéologie ou propagande d’État. Les historiens français, qui pour le plus grande nombre sont des fonctionnaires, ont très bien intégré cette idée. Il en va de leur gagne-pain qui s’accorde parfaitement avec le mensonge par omission et autres entorses avec la vérité (présentement révélée). En ce domaine on a même vu, il y a déjà quelques années de ça, une thèse parfaitement valide et pas plus « imposteuse », ou impotente, et pas plus « canularesque » ou « astrologique » qu’une autre, être cassée par la bien-pensance politicarde de l’air du temps et de la dictature des idées.

De même, il est bien connu que nombre de diplômes ou de découvertes d’enseignants universitaires doivent une bonne part de leur réalisation au travail de leurs obligés, des étudiants obscurs. On connaît même des recopiages ou de simples habillages, mises en forme, compilations qui ont nom: thèse (originale) d’État, comme on disait autrefois.

Maintenant, où commence l’imposture et où se situe réellement le canular ? Où se tient la fumisterie ?

La très vaste question demeure ouverte et reste… un très beau sujet de thèse.

*

« … le canular une sorte de légitime défense… » ou un mode de fonctionnement pas si inhabituel que ça ? Sorte de vertu cardinale de la recherche ? Étant entendu que « chercher » n’a jamais voulu dire « trouver ».

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