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LE LAMPISTE EST LE VRAI COUPABLE

18 mars 2015

J’ai toujours été choqué par une chanson Dix-Neuf-Cent « gnan-gnante » (anar je crois) qui disait quelque chose comme : « tu fabriques des armes que d’autres utiliseront (et peut-être même contre toi), mais il faut bien que tu bouffes, je ne t’en veux donc pas, mon pauvre gars tu es à plaindre ». Et j’ai toujours trouvé ça comme étant mauvaise complaisance et fort contre-révolutionnaire. L’ouvrier innocent et pas rebelle pour deux sous (c’est le moment de le dire).
C’est pourquoi je préfère nettement Le Lampiste est le Vrai Coupable, ce texte de Boris Vian (il date de 1953) dont voici l’essentiel :
Un général sans soldats est-il dangereux ?
Un commissaire ou un préfet de police sans agents ?
Un pape sans cardinaux, sans archevêques et sans curés ?
Ceux-là j’en veux bien.
Les Anglais le savent : un roi sans pouvoir est merveilleusement inoffensif.
Mais un lampiste est une force agissante.
Cent lampistes sont un danger pour l’individu.
Cent mille lampistes suffisent à une guerre.
Cent millions de lampistes font le malheur de l’humanité.
Le directeur de la SNCF n’est pas en mesure de faire dérailler un train par ses propres pouvoirs, il faudra pour y arriver qu’il se mue en aiguilleur – ou en lampiste – et qu’il fausse les signaux. Mais un aiguilleur ! Quel poste de choix.[…] Les lampistes entre eux se haïssent; mais réunis, ils prennent le nom de peuple et deviennent invulnérables. […] Le lampiste le sait bien. Tous amiraux dans la marine, finies les batailles navales.

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