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Olivier Mathieu, par devoir de mémoire envers un déporté, crie : Vive Le Roy !

1 mars 2015

Comme on le sait (ou comme on devrait le savoir), ce siècle manque tristement de mémoire.

Je prends l’exemple de mes candidatures à l’Académie française, justement par devoir de mémoire et pour que l’on s’en souvienne.  Plus exactement encore, revenons à ma candidature de l’an dernier, lorsque je me présentai sous le pseudonyme de Robert Spitzhacke, le 10 avril 2014, au fauteuil que convoitait aussi M. Alain Finkielkraut.

J’envoyai même une lettre ouverte à Finkie, lettre qui se trouve toujours sur Internet :

http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/7476-lettre-ouverte-de-robert-spitzhacke-a-alain-finkielkraut.html

Pourquoi Robert Spitzhacke, tout d’abord? Tout simplement, parce que mon pseudonyme (Robert Pioche) est attesté depuis 1971, lorsque ma grand-mère Marie de Vivier (1899-1980, écrivain), en parla dans son roman « Cent pages d’amour, lettre à un petit garçon » (publié à Paris, en 1971). Et donc, « Spitzhacke » est la traduction, en langue allemande, de « pioche ».

le-figaro-copieQuel émoi chez les journalistes parisiens! Qui était ce Robert Spitzhacke, qui avait osé s’opposer à l’élection de Finkielkraut?… Les journaux, notamment Le Figaro, en parlèrent. Et même France Culture, le 10 avril 2014, « osa » citer le nom de Robert Spitzhacke. Ce fameux Olivier Mathieu, écrivain, au sujet duquel les charmants et talentueux journalistes de France, de Navarre et d’ailleurs semblent éviter de jamais dire un mot… Les braves gens! Le lendemain, on aurait pu s’attendre à ce que les journalistes qui citaient Robert Spitzhacke depuis quelques jours racontent donc à leurs lecteurs qui était Olivier Mathieu alias Robert Pioche alias Robert Spitzhacke. Qui est quand même la seule personne au monde à s’être présentée trois fois sous trois pseudonymes différents à l’Académie, obtenant même une voix en 2003 face à l’Ex des Ex, l’ex-Président de la République Valéry Giscard d’Estaing…

Or non… Le Figaro demeura muet. Voilà donc un journal qui parla de Robert Spitzhacke à ses lecteurs, en avril 2014, et puis qui… n’en parla plus: et tant pis si des lecteurs se posaient des questions…

Et pourtant, ils devraient. Mes candidatures à l’Académie française ont toujours été quelque chose de très pacifique et de très drôle.

page-100-8Pourtant, au « Figaro », ils ne peuvent pas ignorer qui est Olivier Mathieu, en littérature Robert Pioche, puisque le directeur du Figaro Littéraire, Etienne de Montety en personne, flattait mes qualités de poète en première page du Figaro, en avril 2011… Et cela, justement, alors que je venais de rédiger l’éloge de Maurice Druon…

Candidat à l'habit vert, il sait discourir en versTout cela me rappelle (toujours le devoir de mémoire!) Achille Le Roy. Qui était donc cet Achille? Un monarchiste, peut-être? Point du tout. Achille le Roy était né en 1841. Il participa à la Commune et fut déporté, comme tant d’autres, en Nouvelle-Calédonie. Par la suite, il milita notamment au Parti ouvrier français de Jules Guesde.

Ce que l’on ignore trop souvent, c’est qu’en juin 1893, il présenta une candidature à l’Académie française (avec deux de ses copains, Marius Tournadre et Maxime Lisbonne). Il avait annoncé sa visite, qui ressemblait quasiment à une menace : « Citoyen de l’Académie et futur collègue, j’ai l’honneur de vous prévenir que, selon l’antique et immortelle coutume, je me rendrai chez vous demain, vers dix heures, pour vous présenter mes hommages respectueusement académiques». Les trois compères, comme on peut le lire ici ou là sur divers sites Internet, déposèrent une marmite, comme celle employée par Ravachol, contenant leurs cartes de visite. Un convoi gagna la place du Panthéon au cri de… « Vive Le Roy ». On dit que le convoi  fut « dispersé par la police ».

Dans les années 1920, Achille Le Roy demeurait dans le quartier Mouffetard et vendait des brochures . Il fut le premier gérant de l’hebdomadaire de la CGT « La Bataille » qui commença à paraître le 4 mai 1922.

Dans son numéro du 31 mars 1924, Le Libertaire signalait que Le Roy avait été agressé par des Camelots du roi et ouvrit une souscription en sa faveur.
En octobre 1927, il participa aux fêtes du Xème anniversaire de la Révolution russe. Il s’installa à Moscou et y mourut en 1929.

On devrait consulter :

http://www.commune1871.org/?Des-communards-a-l-Academie

Et qu’il me soit permis de saluer, moi aussi, Achille Le Roy, mon prédécesseur ès candidatures académiques farfelues et inoubliables.

Vive Achille Le Roy, le communard, cégétiste et déporté en Nouvelle-Calédonie !

Je renvoie à cette lecture indispensable :

http://fr.scribd.com/doc/50594441/Olivier-Mathieu-a-ete-elu-a-l-Academie-francaise

Olivier Mathieu

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