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DU GLUANT ENCORE ET TOUJOURS

1 mars 2015

Je viens de tomber sur ce commentaire sidérant d’une journaleuse de FR3 – La Voix de Son Maître (en substance) : « manifestation importante et silencieuse [de ce que j’en ai vu : pas si considérable, mais passons] suite à l’assassinat de l’opposant Boris Nemtsov de plusieurs balles dans le dos, dans le centre de Moscou… C’est la plus importante manifestation anti Poutine que l’on est connu depuis longtemps. »

Mais, enfin quel est le rapport entre les deux, l’assassinat et Poutine ? Quel niveau extrêmement bas de la clique médiatique !

Suivant peu l’actualité en ce moment j’ignorais cet assassinat.

Bon ! j’ai cherché quelques informations (d’origines diverses), je recopie :

*

« Boris Nemtsov, l’un des piliers de l’opposition libérale en Russie, a été tué par balle tard vendredi soir en plein centre de Moscou. Il se promenait sur l’un des ponts historiques de la capitale, le Grand Pont de pierre, juste à côté du Kremlin, lorsqu’une voiture a surgi et son ou ses occupants ont tiré au pistolet à six ou sept reprises. Quatre traces de balles ont été retrouvées dans le corps de Boris Nemtsov, au cou, au cœur et dans les poumons, selon les premières informations relayées par les médias indépendants. » (Les Échos)

« Toute cette zone, adjacente aux bureaux présidentiels du Kremlin, est entièrement couverte de caméras de contrôle et étroitement surveillée par la police. Le meurtre n’a donc pas pu échapper aux services de sécurité. L’identité de la voiture et celle de ses occupants devraient pour le moins être rapidement établies. Selon les premières informations de la presse, il s’agit d’une Ford blanche. Mais il n’est pas clair si une ou plusieurs personnes se trouvaient à l’intérieur et si les tirs sont venus d’un seul pistolet. » (idem)

« Une heure après l’assassinat, Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine, a livré les premiers commentaires officiels. Une rapidité surprenante : le chef du Kremlin est réputé pour ne pas réagir à chaud aux événements. «  Le président a déclaré que cet assassinat brutal portait les marques d’un meurtre commandité et avait tout d’une provocation  », a déclaré Dmitri Peskov, ajoutant que Vladimir Poutine avait demandé au Comité d’enquête, au ministère de l’Intérieur et au FSB d’enquêter sur cet assassinat. » (ibidem)

*

« Depuis quelques heures, la presse occidentale et surtout la presse de Kiev s’acharnent médiatiquement sur cet événement, les uns en appuyant sur l’opposition de ce personnage politique d’importance en Russie, les autres en indiquant qu’il a été assassiné par Poutine. (Novorossia.vision)

« Mais à qui profite le crime ? Croire que le Président Poutine, dans l’état actuel de la très forte popularité où il se trouve, avec un soutien populaire inédit de l’ordre des 75 % de popularité, pourrait s’avancer à ordonner un acte aussi terrible est mal connaître et la Russie et les Russes. Les médias occidentaux citent la participation de Nemtsov au ministère de Boris Eltsine, un homme désormais détesté en Russie et considéré comme l’une des plaies de la période noire de l’après-effondrement de l’Union soviétique. Si en Occident il fait référence, malgré son alcoolisme internationalement reconnu, en Russie, il est plutôt vu comme l’homme qui mena la Russie dans un état proche de l’anarchie, période où la mafia était toute puissante et la corruption galopante. (idem)

« Ce serait insulter l’intelligence et l’habileté du chef de l’État de la Fédération de Russie, de penser qu’il aurait besoin d’un tueur pour supprimer un opposant politique qui ne représentait qu’une infime frange de la population russe et qui ne représentait plus guère que lui-même, même s’il devait prendre la tête d’une marche de protestation dans quelques jours. Rappelons que lors des dernières marches de ce genre, à Moscou, les médias occidentaux avaient repris des images des manifestations de 1991, où se trouvaient plus d’un million de personnes dans les rues, pour faire croire à l’opposition massive qui aurait été celle des années 2012 et 2013. En réalité, ces marches ont rassemblé entre 5 à 30 000 personnes, dans une ville de plus de 15 millions d’habitants alors que la Manif Pour Tous était capable à Paris de rassembler plus d’un demi-million de Français (un million selon les sources). (ibidem)

« À qui profitera donc de ce crime ? Assurément en premier lieu à la Junte de Kiev. Elle lui permettra de lancer l’argument qu’il ne sera plus possible aux Occidentaux de traiter avec le Président Poutine. L’assassinat pourrait bien avoir été commandité, de manière concertée ou non, par un tueur isolé de l’extrême droite ukrainienne. De nombreux Ukrainiens vivent sur le territoire de Russie, l’opération était facile à mener. Plus que pour le gouvernement de Porochenko, les partis néo-nazis Svoboda et Pravy Sektor se frotteront les mains. Ils menaçaient hier sa famille, le forçant à s’éloigner en Allemagne, ils voulaient la continuation de la guerre contre les insurgés du Donbass, ils sont encore plus intéressés à cette mort. Ce crime rappelle pour beaucoup, la tentative qui fut faite de créditer les Russes ou les insurgés de la Novorossia (avec du matériel russe) de la destruction de l’avion malaisien. Il rappelle également le double crime de l’héritier du trône des Habsbourg à Sarajevo en 1914 et, quelques jours avant la guerre, du célèbre journaliste Jean Jaurès. Car la mort de Boris Nemtsov pourrait avoir des conséquences au moins aussi graves que celles de ces deux personnages historiques, qui déclenchèrent mécaniquement la Première Guerre mondiale. Il est évident que le gouvernement de Porochenko et les extrémistes nationalistes néo-nazis ukrainiens seront de grands bénéficiaires de ce meurtre. (ibidem)

*

« Les manchettes, partout dans le monde, ont présenté des variations sur l’histoire de l’assassinat de Boris Nemtsov. Chacune d’entre elles reprend le récit des faits pertinents : quoi, qui, où, comment… Mais la vraie question est pourquoi. La réponse à cette question, ou plutôt ce que l’Occident prétend avec insistance être la réponse, nous dira beaucoup sur les plans des États-Unis pour intensifier les tensions en Russie, en Ukraine, et au-delà. (lesakerfrancophone.net)

« Il serait insensé de mettre de côté toute hypothèse liant ce crime à des gens proches de lui, dans le domaine des affaires, de la politique ou de la romance. En ce qui concerne les affaires, nous pouvons rappeler que bon nombre de personnes voulaient sa mort à cause de ses crimes et de sa corruption en tant que directeur de la Banque Neftyanoi – aujourd’hui liquidée – et président de sa société mère Neftyanoi Concern. (idem)

« De nombreuses polémiques ont fleuri autour de cette affaire en 2006. Bien sûr, dans le domaine des problèmes de cœur, nous avons tous ceux qui entourent la femme avec qui il a été vu la dernière fois. Cette femme, Anna Duritskaya, était également présente lors de la fusillade. Des rumeurs flottent ici et là que cela pourrait être lié à son récent avortement et autres aspects mélodramatiques associés. (ibidem)

« Un lien évident avec cette affaire est la crise en cours en Ukraine et, dans cette variante, le meurtre pourrait avoir été motivé par un conflit interne entre factions pro-américaines là-bas. Nemtsov a été actif pendant la Révolution orange de 2004, soutenue par les États-Unis. Victor Iouchtchenko a ensuite été nommé conseiller économique, mais il a quitté son poste dans des circonstances suspectes, laissant derrière lui plus d’ennemis que d’amis. (ib.)

« Parmi ces ennemis, l’un deux pourrait très bien être à l’origine de l’assassinat, ou ceux qui sont derrière lui, mais le moment de cette fusillade et d’autres faits pertinents devraient plutôt nous amener à considérer que c’est politiquement motivé. (ib.)

« Ces complots peuvent effectivement être un peu complexes, c’est souvent le cas lorsque deux oiseaux sont tués avec une seule pierre. Un rival personnel peut recevoir un feu vert pour régler un compte, et ainsi accomplir un acte de plus grande portée géostratégique, comme dans ce cas. (ib.)

« En fait, nous cherchons ici à savoir si cela a été effectué sur les ordres de l’un des principaux acteurs impliqués dans la crise mondiale actuelle. Concrètement, la question est de savoir si cela a été réalisé par les Russes et leurs amis, ou par les États-Unis et leurs amis. (ib.)

« Que la fusillade ait été faite sur contrat ou non n’est également pas très important, sauf si on regarde l’aspect médico-légal et judiciaire du crime ainsi que les circonstances immédiates elles-mêmes. Celles-ci pourraient nous dire certaines choses, sauf que dans des cas comme celui-là, nous devons toujours être conscients que le maquillage en travail non professionnel – comme dans ce cas – serait quelque chose qu’un professionnel pourrait faire pour lancer sur une fausse piste. (ib.)

« Par exemple, il est probable que nous entendrons de la part des amis de la Russie que ce meurtre n’a pas les signes caractéristique d’une frappe professionnelle organisée par un gouvernement. Ils feront évidemment remarquer que si Boris Nemtsov avait été la cible du Kremlin, il serait mort dans un accident de voiture ou d’une crise cardiaque. Ce serait beaucoup trop bâclé pour quiconque au Kremlin de penser à lui tirer dessus en public, avec des témoins. (ib.)

« Ce n’est pas trop convaincant, parce qu’effectivement ces méthodes sembleraient impliquer l’État russe, alors que la façon plutôt bâclée avec laquelle Nemtsov a été tué nous pousse à éliminer cette possibilité. Dans la même logique, si un coup de ce genre devait être réalisé, alors, pour l’État, utiliser une méthode d’amateur prendrait tout son sens. Dans le cas des États-Unis, il faut présenter une autre explication. Si les États-Unis sont derrière tout cela, il doit paraître évident qu’il s’agit d’un assassinat bâclé, affreux, sans laisser aucun doute. (ib.)

« En fait, si les Russes voulaient sa mort, la valeur de l’assassinat serait dans son invisibilité. Mais si les Américains voulaient le tuer, la valeur serait dans le spectacle de l’assassinat lui-même. Cet assassinat est chargé de spectacle. (ib.)

*

On ne peut mieux dire en conclusion, sauf à ajouter que dans un entretien, en date du 29 février 2012, Vladimir Poutine mettait déjà en garde contre un assassinat d’opposant visant à déstabiliser le pouvoir.

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