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OPUS DE COMPOSITEURS CLASSIQUES BRETONS (huitième série)

25 février 2015

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Marie, Paul, Achille, Auguste Le Flem (Radon, le 18 mars 1881 ; Tréguier, le 31 juillet 1984 soit vingt ans après la mort de son épouse).

L’œuvre de Paul Le Flem se divise en gros en trois périodes : la jeunesse (1905-1920), la maturité (1936 aux années cinquante) et la vieillesse (jusqu’en 1975 où la cécité mit une fin obligée à sa musique).

C’est Guy Roparz qui donna le déclic à qui au départ s’était formé seul et sur la tas. Puis Paul Le Flem fut de l’école de Vincent d’Indy, mais il a toujours dit que le choc musical de sa vie fut la découverte de Debussy (qui à l’époque n’était pas reconnu), le tout sur un fond de musique populaire et religieuse bretonnes. Sans oublier la part belle accordée aux éléments naturels, ou encore le recours un certain nombre de fois aux styles et modes anciens (du XVIe siècle en particulier). Le Flem était également licencié en philosophie.

Pour lui aussi comme pour Ladmirault précédemment évoqué, la Guerre de Quatorze fut une énorme cassure si bien qu’il ne produisit rien, ou presque pendant la guerre, puis bien au-delà jusqu’en 1936 date à laquelle il reprit sa vraie vocation de créateur; son temps étant pris jusque là totalement par ses gagne-pain, son activité de professeur et de chef de chœur, dirigeant notamment les Chanteurs de Saint-Gervais seule chorale parisienne à exécuter les œuvres des maîtres anciens, et celles de collaborateur de diverses revues, en premier lieu Comoedia en tant que critique musical, où il fit découvrir bon nombre de compositeurs du XXe siècle.

La Médiathèque Musicale Mahler conserve les archives du musicien. Le catalogue de celles-ci nous montre qu’il collabora non seulement à Comœdia de 1921 à 1959 (après 1936, ce journal et revue ont connu des interruptions) mais également à L’instrumental, journal des conservatoires, théâtres, concerts, musiques militaires de 1934 à 1939, aux Heures de Paris, l’hebdomadaire du spectacle de 1937 à 1939, à la Confédération Musicale de France de 1950 à 1958, mais aussi à Paris-Midi de 1941 à 1943, au Réveil du Peuple de novembre 1940 à janvier 1941, à Rollet (revue dont j’avoue ne rien connaître ni ne rien trouver nulle part) de 1952 à 1957, ou encore à La Bretagne de 1942 à 1957, à Tel Quel de 1946 à 1948, au Courrier du Léon et du Tréguier en 1954, au Progrès de Cornouailles en 1954, aux Lettres Françaises en 1962, plus d’autres encore non identifiés.

Ajoutons qu’il participa à d’innombrables chroniques et causeries radiophoniques à Radio PTT, Radio Paris, Radio Coloniale, Radio Nationale de 1935 à 1952, et qu’il dirigea des concerts de la maîtrise de la Radio nationale de 1952 à 1961. Il accepta également des responsabilités au sein de la Sacem et prendra en 1968 la présidence de la Société Nationale.

Pris au hasard d’Ouest-Éclair :

le six février 1936 :

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le 25 février 1936 :

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28 février 36 :

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Ouvert à tous, et très éclectique, tel fut le fond de la pensée musicale de Paul Le Flem qui sur le tard se risqua même dans la musique atonale. On a l’impression à l’écouter qu’il aurait inversé la logique des choses humaines, pour le dire en peu de mots : grande nostalgie de jeunesse, grande verve de vieillesse, et entre les deux ouvertures variées d’âge mûr.

Pour me répéter : par bien des côtés, sa musique en son ensemble est une sorte de résumé de la première partie (et plus encore) de la musique classique du XXe siècle, non sans des clins d’œil aux musiques du passé ou à la musique populaire bretonne (thèmes et modes).

À la différence de certains compositeurs qui n’ont pas été « mis en disque », Paul Le Flem est de plus en plus mis sur disque (enfin !) ; mais comme certains compositeurs « mis en disque » on ne peut pas toujours l’écouter sur Internet à cause des droits d’auteur, d’éditeur, d’interprète (dont le côté absurde n’est pas absent puisque, par exemple, des différences de législation font que certains pays peuvent diffuser librement des enregistrements de compositeurs français quand les français en sont privés). En bref, il existe quelques morceaux de Paul le Flem sur Internet.

Il y en aurait plus ici si je savais retranscrire sur Internet ce que je possède en disque. Personnellement, je suis pour la liberté de diffusion de l’art avant même qu’il ne tombe dans le domaine public (ainsi donc de mes propres écrits) aux seules conditions de ne pas en tirer profit financier, de ne pas dénaturer les œuvres, de donner ses sources (quand on les connaît !) et disons, puisqu’on est dans le domaine musical, de rendre à Franck ce qui appartient à César. D’ailleurs l’Art n’est qu’emprunts mutuels et traditions constamment régénérées et en devenir.

Je ne parle pas des dégénérés et autres escrocs qui ont la prétention d’ignorer le Passé, le Métier, la Construction, la Qualité, la Rareté, la Beauté et le Désintéressement, et qui constituent une bonne part de la lamentable marchandise publicitaire du triste spectacle « artistique » dit contemporain, à l’avenant de la décadence généralisée à tout domaine. Et pour ce qui nous occupe de la négation des fondements même de l’Art, des arts. Mais, il y déjà longtemps que la critique en a été faite. Et non pas spécialement par de dits réactionnaires !

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PREMIÈRE « MANIÈRE » :

1/ Quintette en mi mineur (1910)

1er mouvement: Lent – Modérément animé

https://www.youtube.com/watch?v=vSxGTFnGPoc

2e mouvement : Lent

https://www.youtube.com/watch?v=su6a6IjjKiQ

3e mouvement: Modérément animé

https://www.youtube.com/watch?v=XvsOsw7vBks

Monique Mercier, piano et Quatuor Parrenin. Quatuor fondé en 1944 plusieurs fois recomposé, il réunit depuis 1980 Jacques Parrenin premier violon, John Cohen second violon, Jean-Claude Dewaele alto, René Benedetti violoncelle.

Radio-France le 5 janvier 1981.

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Deux pièces pour piano : « Avril » (1912) et « Le Vieux Calvaire » (1910) [à partir de 6’20 »].

https://www.youtube.com/watch?v=FjyrRserJYY

Par Armand Bex.

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Fantaisie pour piano et orchestre (1911)

https://www.youtube.com/watch?v=ie0nnkty-Do

Pianiste : Annie D’Arco.
Orchestre du Théâtre de Rennes, direction Michel Leconte.

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DEUXIÈME « MANIÈRE »

Ouest-Éclair du 11 janvier 1941 :

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Symphonie n°2 (1958)

https://www.youtube.com/watch?v=EUvqCQEsBSo

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