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DE TOUT ET DE RIEN

25 janvier 2015

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Des chiffres records ? Mais records de quoi donc ? D’intelligence ou de bêtise ?

Il y aurait eu, selon la Police, environ quatre millions de gens dans les rues de France l’autre dimanche. Pour dire quoi, au juste ? Je n’ai pas bien compris. Une grand-messe « émotionnelle » et « solidaire » consacrée à la liberté, mais à laquelle ? à la bêtise éditoriale ? à la défense du sionisme… d’Israël… de l’Ukraine néo-fasciste… de despotes africains… ? à la haine des autres, et tout d’abord à la haine anti-musulmane ? à la non-expression récurrente des masses habituellement amorphisées, méprisées, ou (la honte absolue) mises au rencart les rares fois où on leur demande leur avis comme à la suite d’un certain référendum ?…

Ce qui est établi est que les banlieues, éternelles stigmatisées, vilipendées et avant tout mises à l’écart et marginalisées DANS TOUS LES DOMAINES depuis des décennies, et sommées par les plus abrutis de (se) manifester, sont fort justement restées chez elles. Moi aussi. Je n’en ai pas honte et même j’en suis fier.

Comme sont restés chez eux ou ont vaqué à leur habituelles occupations dominicales tant et plus de français des villes et des campagnes ; et pour beaucoup, partageant encore en famille ou entre amis des galettes des rois fort pagano-chrétiennes. Ces manifestations ont été avant tout le fait de « bonnes âmes », de naïfs, sans doute aussi de bons islamophobes et maghrébinophobes (tant « de gauche » que « de droite ») et plus encore de militants habituels de toutes les « bonnes causes » dominantes. Et bien sûr le fait de toute cette petite ou grande bourgeoisie prétendument « libérée » mais soudainement apeurée : l’ennemi se rapproche ! On n’est plus à regarder à la télévision ce qui se passe en Syrie, en Libye, en Ukraine… ou dans un mauvais film. Ça pourrait bien mal nous tomber dessus !

Sachant que la population des « 15 ans et plus » représente environ 50 millions d’habitants, je constate donc, avec bonheur, que ce sont environ neuf adultes sur dix (tant vieux indigènes qu’immigrés de longue ou fraîche date) qui ne se sont pas déplacés lors de ces mascarades, ces parades néo-staliniennes de la décadence d’État.

De même, nous dit-on, que le tirage du dernier numéro en date de Charlie Hebdo, « finalement » passé à sept millions d’exemplaires (arrêtez ! il ne vaudra plus un rond pour les collectionneurs) après être passé à deux, trois, cinq, serait exceptionnel, mais à quel point ? Il battrait le record de France-Soir (« journal à grand tirage, donc très bon pour allumer le feu », dixit Coluche), avec 2,2 millions d’exemplaires à la mort du général De Gaulle en 1970 (avec une France moins peuplée et une télévision moins omniprésente pour ne pas dire omnisciente), du Petit Parisien du 12 novembre 1918 (journal uniquement diffusé à Paris, et avec une France nettement moins peuplée, d’autant qu’elle avait été vidée comme l’on sait et que la concurrence des titres était importante), et de L’Equipe du 13 juillet 1998, lendemain de finale de Coupe du Monde déjà évoquée ici. Mais personne n’évoque les bouillons de ces jours-là, car il devait bien en avoir, comme tous les autres jours ! Bouillons payés en partie par nos impôts.

Et si France-Soir a tiré un jour à 2,2 millions d’exemplaires, il tirait alors tous les jours à 1,5 million d’exemplaires. Augmentation exceptionnelle de 30%. Il n’en va pas de même avec Charlie Hebdo qui, sur une période non pas d’un jour mais de deux ou trois semaines, va connaître une augmentation de 13.900 % de son tirage habituel, non pas quotidien mais hebdomadaire ; tirage en chute libre et devenu depuis un bon bout de temps confidentiel (pourquoi ?).

Autre grosse nuance. Chaque semaine en France, un hebdomadaire tire à près de 6 millions d’exemplaires : il s’agit de TV Magazine. Sa diffusion payée atteignait 5,2 millions d’exemplaires en juin 2014. Certes, il est distribué chaque fin de semaine comme supplément à une cinquantaine de titres de la presse quotidienne régionale. Ce qui prouve encore une fois que le pluralisme est un vain mot.

Mois j’ai bien ma petite idée, les mêmes qui lisent TV Magazine, feuille qui dans ses rares articles frise l’insipide, pour ne pas dire l’indigence suprême, sont peut-être les mêmes qui ont fait la queue pour acheter la petite feuille charlienne, celle qui donne des frissons, celle des grands rebelles, celle des grands hommes libres et très tolérants et surtout ennemis de tous les obscurantismes (sauf les leurs).

De toute façon le nombre n’a jamais rien prouvé, sauf pour les marchands et les banquiers.

Enfin tout le monde est content ou semble satisfait. Depuis le sept janvier, date fatidique et fatale, qui tombe le lendemain même de l’Épiphanie (mais elle se fête généralement le premier dimanche après le premier janvier).

Arrêtons-nous deux secondes sur cette fête pagano-chrétienne où il est convenu d’offrir galettes ou brioches de toutes sortes (toutes munies de la fameuse fève désignant le roi à couronner, en recourant à un enfant « innocent » qui sous la table répond amusé à « pour qui c’est, celle là ?) accompagnées d’alcools divers, mais uniquement parce que la galette ou la brioche… c’est souvent sec au gosier.

C’est d’ailleurs de cette tradition du Jour des Rois qu’est sortie la phrase rituelle bien connue : « Épiphanie paye son pot ».

Épiphanie, epiphaneia en grec, a le sens de « manifestation » ou «apparition» ou « évidence ». Les Épiphanes, dans la culture antique grecque, étaient les divinités qui pouvaient apparaître aux hommes, comme la plupart des grands dieux, de Zeus à Apollon en passant par Athéna, Poséidon, Aphrodite ou Dionysos. Et bien d’autres encore.

Christianisée, l’Epiphanie majuscule a pris le sens de « apparition de Jésus aux trois rois mages » et finalement de « apparition de Jésus au monde entier ». On l’appelle également Théophanie, ce qui veut dire : « manifestation de Dieu ». Manifestation, pas dans la rue, non ! apparition aux croyants chrétiens.

Par d’autres côtés ce sept janvier est remarquable. C’est en effet un sept janvier, le sept janvier 1566 que le Grand Inquisiteur Michele Ghislieri fut élu pape sous le nom de Pie V (moi, celui que je préfère c’est Pie VII), le sept janvier 1610 que Galilée observa pour la première fois des satellites tournant autour de Jupiter, le sept janvier 1844 qu’est née Bernadette Soubirous, le sept janvier 1858 qu’est né Eliézer Ben Yehoudah, fondateur de l’hébreu dit moderne, le sept janvier 1953 que Truman annonça au monde médusé que les États-Unies possédaient la bombe à hydrogène.

Enfin, autre miracle : l’ensemble de la presse écrite d’information a vu ses ventes en kiosque augmenter depuis ce jour, ce sept janvier. Mais on peut douter que la tendance soit durable. Ce qui est établi est que le 8 janvier, la presse quotidienne nationale a tiré à 1 million d’exemplaires, contre 600 000 un jour normal. Un indice sur ce lectorat. Tandis que Les Échos et Le Figaro ont multiplié leur tirage par deux, que Le Parisien/Aujourd’hui-en-France a augmenté le sien de 50%, Libération, qui bien évidemment fit sa une d’un unique titre racoleur comme il se doit, a quintuplé ses ventes. Ouest-France a augmenté les siennes de 36% et L’Equipe, qui avait eu l’habileté d’orner sa une d’une caricature, de 34%,.

Par contre, personne ne nous dit si l’Hyper Casher a vu son taux de fréquentation augmenter. Ou si l’entreprise qui servit de refuge à deux terroristes a vu son carnet de commande s’enfler. Ce qui est sûr est que les employés de cette entreprise ont dû se battre pour qu’ils n’aient pas à récupérer le jour de travail « manqué » comme on sait. Et l’on ignore si les huit heures pendant lesquelles une personne a dû se cacher sous un évier ont été décomptées comme temps de travail, heures normales, ou heures supplémentaires. De même, ignore-t-on encore si cet « événement » a eu une influence sur les soldes ou sur la vente des galettes des rois. Tout juste peut-on espérer que les fabricants de farine se rattrapent lors de la Chandeleur.

On se réconforte comme on peut.

Je n’ai pas, non plus, sous la main le taux de chômage, le taux d’endettement du français moyen, le montant bien évidemment de la dette éternelle, le taux d’illettrés après dix ans d’études obligatoires, le taux de suicide, le taux d’alcoolisme, le taux de délinquance, les sondages divers sur ceci ou sur cela, ni ou en est le charcutage des régions, et tant et plus de dégueulasseries mises en œuvre par l’État.

Au fait : qu’en est-il de la seule vraie démocratie, i.e. la démocratie directe, d’une refonte de la Constitution, du contrôle étroit des élus, de l’élection sur mandats précis, de l’interdiction de tout cumul, de la déprofessionalisation de la politique, de la refonte totale du jeu parlementaire actuellement grotesque et pitoyable… ? D’une participation active des citoyens à la vie de la Cité ?

honneur_16_q18Tout est perdu, même l’honneur… (dessin de Jossot)

J’ai eu sous les yeux les chiffres de Charlot Hebdi : 38.000 exemplaires vendus ces derniers mois, et depuis quelques mois des appels aux dons !!! (cf. certaines dernières unes, dont celle de Noël). Remarque en passant : eux ont le droit de le faire mais pas Dieudonné qui a été condamné récemment à 3.500 euros d’amende pour appels publics aux dons.

Certes, il appert, et je l’ignorais il y a peu encore, que la Loi bourgeoise interdit d’appeler à la charité publique pour payer ses amendes. Ce qui maintenant sera donc fait plus discrètement et en privé du côté de Dieudonné. Et en ce domaine certains sont fous ; on évoque des personnes ayant vendu ou hypothéqué leur maison pour aider le bon marchand (que je ne soutiens pas dans le domaine de son petit commerce, ou plutôt de son gros commerce). J’espère qu’il aura eu la charité chrétienne de les rembourser avec intérêts depuis, comme il se doit. Ce dont je ne doute pas, et je le dis sincèrement.

Mon tout petit soutien (à mon petit niveau) à Dieudonné est bien réfléchi et avant tout éthique (grands principes) et politique. Qu’on s’entende bien, quand je dis « politique », je n’entends pas du tout me solidariser de son parti (voir ce que j’en dis dans un article précédent), mais je suis en accord avec nombre de ses idées politiques qui sont avant tout anti-colonialistes et anti-capitalistes bien qu’en ce second domaine il ne soit pas dénué de contradictions ; et c’est bien ce qui me chagrine. Ce qui me plaît en lui présentement c’est son côté à la fois amuseur (bon ou mauvais, ce n’est pas l’objet de cet article), pacifique, rassembleur des petits, des humbles, des sans-grade, des exclus et muets de tous bords, et surtout son côté bien affirmé de destructeur de tabous.

Et du tabou suprême qui chape notre société. Comme on dit bien souvent, et sous diverses formes : « Demandez-vous de qui, dans la Société, on n’a pas le droit de parler, de parler en mal ou contre qui la moindre critique est interdite ou décriée ou interprétée, et vous saurez qui la dirige réellement, cette société ». Mais je sais aussi que ce fut pendant longtemps un saltimbanque quasi officiel, très bien reçu et considéré dans les media tant publics que privés, ces charognards et ces propagandistes du Malheur. Depuis, face à l’adversité comme souvent, ses yeux surpris se sont dessillés, c’est bien. Autrement dit : soutien critique.

Bon ! je reviens aux charlots. Selon une dépêche de l’A.F.P., ce seraient 10 millions d’euros qui seraient entrés ou en train d’entrer dans les caisses du torchon en ruine. Et une multiplication par je ne sais combien du modeste nombre de ses abonnés. Beau petit Noël ! Finalement, le terrorisme peut rapporter gros. Le côté spectaculaire de la société du spectacle (de « la satiété du spectacle » comme titra un album dessiné, il y a déjà des années de cela) montre que cette société perdue est aussi une énorme machine publicitaire dans le sens le plus trivial du terme : celui de la marchandise. En cela Debord et Voyer ont raison tous les deux.

edelav_p4_q10— Un ouvrier ne peut pas entrer dans le BATIMENT : devenez patron si vous voulez être reçu apprenti. (dessin de Jossot)

Mais, il ne faut jamais oublier que derrière le côté spectaculaire des choses mises en avant à en vomir par les media (car notre société est plus encore médiatisation que spectacle) il y a la réalité des pouvoirs connus, ou diffus, apparents ou réels. En ce domaine, nous entrons dans tout ce qui relève de ce que les imbéciles nomment avec dédain le complotisme mais qui est bien pourtant la réalité cachée et essentielle de ce triste monde humain. Celle des groupes de pressions et de « discussions », des loges et autres mafias sous toutes leurs formes, bien évidemment interdits au commun et même inconnus du plus grand nombre ; ceux et celles qui font le mondialisme et le culte du Veau d’Or. « Donnez-moi le pouvoir de faire la monnaie, disait je ne sais plus quel Rothschild, et je me moquerai bien de qui gouverne le monde ». Ou phrase approchante. À ce propos, ce qui est effrayant de constater est que ce qui était mis noir sur blanc dans ce qui était évidemment un faux (repris d’un pamphlet antérieur contre Napoléon III), Le Protocole des Sages de Sion, semble s’appliquer à merveille à notre époque.

Tout ça pour dire que tant les terroristes que les « caricaturistes », de seconde zone les uns et les autres, sont des manipulés ou ont été des manipulés. Conscients, demi-conscients ou inconscients. Je ne développe pas sur ce sujet qui demande de longues recherches complémentaires. Toujours penser à ce qui s’est réellement passé, ou qui finalement semble s’être réellement passé un certain Onze Septembre.

En l’occasion, je ne peux m’empêcher d’ajouter que ce qui a dû réellement se passer récemment relève tout autant du simple fait divers à l’échelle des atrocités perpétrées chaque jour à travers ce triste Monde (règlement de compte imbécile, comme les dessins étaient imbéciles), que d’un grand spectacle médiatique et propagandiste.

13524690_p - CopieDessin de Jossot

J’y vois ici aussi une sorte de Grand Guignol « pour de vrai », de mise en spectacle d’un double-suicide collectif quasi programmé des deux côtés et au final orchestré par des mains étrangères (du cadre national, hors du cadre national et en dehors des raisons invoquées et très lourdement affichées et marquées). Un spectacle de marionnettes où Gnafron et le Gendarme s’entre-tuent pour la plus grande gloire du néant et du nihilisme ambiant dénoncé il y a bien longtemps déjà, et avec tant de justesse, par Nietzsche. Défendant, les uns, des idéaux dévoyés et parfaitement intolérants et mortifères ; et les autres toute absence d’idéal, toute idée finale de révolution qui élève, tout aussi intolérante dans son genre.

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Dessin de Grandjouan

D’un côté esprit étroit et sacré bafoué, de l’autre esprit étroit bassement matérialiste. Et au milieu baratin et réclame.

Pour le dire autrement, et dans des termes debordiens, voyeriens et les miens propres, le spectacle est moins une accumulation d’images qu’un rapport social mondialisé organisé, jusque dans son « apparent » chaos, par l’Empire (rapport de domination et de communication unilatérale) médiatisé par des images publicitaires et propagandistes.

La critique doit donc être triple, tout en étant unifiée, et évoquer en liens : 1/ le monde en soi des images, de l’écrit et de l’audio-visuel sous toutes ses formes, en tant que corpus de la reproduction « idéelle » du monde bourgeois (expressif, artistique, culturel, propagandiste…) ; 2/ le monde médiatique sous toutes ses formes en tant que rapports de production et de reproduction (monde financier, média suprême de l’argent, monde politique et démocratie dite représentative, journalisme au sens le plus large, monde de la fiction et de la distraction ou du spectacle au sens étroit du terme) ; 3/ le monde non plus dans son apparence mais dans son essence : celui des valeurs ou non-valeurs anti-humanistes émises, diffusées, vulgarisées, mises en œuvre par les maîtres du Monde. Dans ce dernier chapitre je range les « philosophies » républicarde et laïcarde, franc-maçonne et talmudo-sioniste messianique, toutes kabbale et cabales, l’esprit marrane, l’entrisme, le double jeu, les opérations sous faux drapeau et la chutzpah ; liste non close.

La vraie vie en dehors du spectacle est la forme habituelle de ceux qui s’assemblent pour décider de la manière dont ils nous dirigent droit dans le mur de la destruction civilisationnelle.

Mais la vraie vie est aussi la nôtre, amoindrie, mais réelle et par bien des côtés encore celle des solidarités rurales ou ouvrières d’autrefois, ou pour certains religieuses. C’est notre seule force face au néant programmé. Et face à notre absence dans le monde du spectacle. Vie parallèle et souterraine.

Mais leur ombre invisible n’est pas notre lumière mouchée. Elle en est l’antinomie en tout.

Elle n’est pas non plus l’oubli. Celle par exemple des enfants perdus de la République enterrés en catimini. Enterrés dit-on dans les quartiers musulmans de trois cimetières. Les maires réticents ou se renvoyant les cercueils encombrants, ont bien été obligés de respecter la Loi. Un fut enterré vers minuit. Personne n’était à son enterrement, silence de mort, pas même sa femme qui n’a pas voulu s’y rendre, sans doute par peur. Il a fait aussi bien que Mozart. Et aussi bien que Molière le mécréant enterré de nuit dans le quartier des enfants non baptisés et des suicidés d’un cimetière parisien. Un autre fut enterré à six heures du matin, l’heure du laitier, des perquisitions ; de l’arrivée de la Guépéou ou de la Gestapo en un autre temps. Le troisième fut enterré en plein jour semble-t-il, mais entouré de policiers et des quelques personnes. Un maire a refusé d’accorder une concession, un autre est demeuré flou sur le nom du cimetière, le Mali n’a pas voulu de son double-nationalité.

f3highres - CopieConvulsionnaires au cimetière de Saint-Médard sur la tombe du diacre François de Pâris (gravure du XVIIIe siècle, auteur inconnu).

L’oubli et… la brisure des cartouches des mauvais. Autrefois on brisait les cartouches des mauvais pharaons, aujourd’hui on enterre sans signe distinctif, sans un seul nom, une seule marque. La peur, la peur du désordre, de profanations… ou de glorification en « lieux de culte »… de que sais-je encore. Ah ! ce fameux ordre public qu’il ne faut pas troubler, ce principe récurrent si propice à restreindre toutes nos libertés. Et à provoquer « à bon escient » !

L’oubli et la peur des morts, des anges du Diable, des démons. L’oubli comme l’oubli de Kadhafi, enterré dans un coin du désert ignoré de tous. Ou la misérable, la miséreuse destruction à la dynamite, le 29 décembre dernier, du tombeau de famille de Saddam Hussein situé à Al-Awja, son village natal près de Tikrit, à 150 km au nord de Bagdad, par des miliciens chiites en lutte contre les djihadistes (chiites ? sunnites ?) de l’État islamique. Djihadisme « par l’épée » qui serait un dévoiement du djihadisme philosophique, par la parole. Manque de chance pour eux, cela fait environ un an, après que son tombeau eût été déjà profané, que la dépouille d’Hussein a été enlevée du tombeau et réenterrée par des sunnites dans un lieu qui demeure secret.

Merci l’Empire !

Pauvre monde « Pauvre humanité toute entière ! » comme disait un mien grand-oncle, misanthrope et misogyne, philosophe à ses heures et grand ami de la terre et de la nature et des abeilles dont il récoltait le miel. « Ah, les petites bêtes, certaines m’ont encore piquées » disait-il attristé, car pour elles s’étaient la mort désespérée assurée. Tiens, un peu comme la mort des méchants terroristes.

Munde, miserere nobis !

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From → divers

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