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DE LA NULLITÉ CHARLIENNE ET D’UNE CONFIRMATION DE LA PRÉSENCE POSSIBLE D’UN MESSAGE SUBLIMINAL (CF. UN ARTICLE PRÉCÉDENT)

21 janvier 2015

Charlie Hebdo du 26 décembre 2012

Mort à Brassens

Il y a toujours un moment dans une soirée où ça cause musique.

Le quart d’heure « je me prends­ pour un critique des Inrocks » est géné­ralement coincé entre les deux heures de pleurnicheries « je me fais chier à ­mon boulot » et « j’aurai dû mettre une capote avec Jacqueline maintenant il faut que je fasse un test de paternité ». Profitez de la séquence musique pour affirmer très fort que vous ne pouvez pas blairer Brassens. Quel que soit l’au­ditoire, vous lirez la stupeur sur les visages avinés. Du fan de zouk au malade de punk, tous, ils se ligueront contre vous. Il y a deux trucs vraiment risqués et donc qu’il ne faut pas faire en France en ce début de XXIe siècle : dessiner Mahomet et dire que Brassens vous emmerde. Brassens ! Le terme « brassensophobe » n’a pas encore été inventé parce que personne n’osera jamais avouer que le chanteur qui mâchonne sa moustache et suçote son tuyau de pipe est un puissant laxatif.

Il a des pommes de terre trop chau­des plein la bouche, Brassens, du coup ça l’empêche de vraiment donner de la voix. Et quand les patates sont vrai­ment trop chaudes, il monte d’un ton et il chuinte. Et tout ça pour nous racon­ter quoi ? Que les amoureux qui se bécotent sur le banc public se foutent pas mal du regard oblique des passants honnêtes ? Mais qui se bécote dans cette pièce ? Et sur un banc à la con, en plus ! Personne !

Les amoureux s’enfilent dans les caves pendant que les passants honnê­tes roupillent devant la télé en se fou­tant pas mal de qui enfile qui. Brassens chante une France morte, une France en polo beige qui bouloche, une France qui cuisine tout au beurre, une France qui sent le tabac froid. Cette France-là, heureusement, ne ressuscitera jamais. Les chansons de Brassens, c’est comme cette photo dite du baiser de Doisneau accrochée dans toutes les salles à man­ger : on doit aimer, c’est obligatoire. Per­sonne ne connaît vraiment l’œuvre des deux types, mais on sait qu’il faut aimer ça sous peine d’excommunication.

Ploum-ploum-ploum, fait Brassens avec la bouche et la guitare pour nous endormir. Attention, si cette machine à laver qui n’arrive pas à entamer son programme essorage te donne envie de te flinguer, c’est que tu es un ennemi de la culture, de la poésie, de la chanson française. Et peut-être même que tu es un nazi. Oui, parce que Bras­sens était anarchiste. Mais alors c’est génial ! Si tout le monde aime Bras­sens, c’est que tout le monde est anar­chiste ! Hélas… Les mêmes qui n’ai­ment pas le rap parce que c’est une musique de voyou adorent Brassens parce que son anarchisme en bocal ne menace plus rien ni personne. Bras­sens défie l’ordre établi, il met parfois un pied sur un tabouret pour gratter son instrument de torture acoustique. Et vas-y que le petit cheval dans le mauvais temps qu’il avait donc du cou­rage pour supporter les brames du moustachu ! La pauvre bête ne lève pas assez haut les pattes avant pour pou­voir se boucher les oreilles avec ses sabots. Et si, 99 fois sur 100, la femme s’emmerde en baisant, c’est bien fait pour sa gueule ! Si elle n’écoutait pas du Brassens pendant qu’elle se fait bouffer le cul, elle serait peut-être un peu plus à ce qu’elle fait.

Je crois que vous en serez d’accord, il faut enfermer les brassendolâtres dans un stade et leur diffuser les choeurs de l’Armée rouge pendant quinze jours en leur expliquant que, s’ils n’aiment pas, c’est bien la preuve qu’ils ne sont pas de gauche. Amen.

Signé ? X ?

*

Et ta logorrhée, et ta haine, elles menacent qui au juste ?  Sont-elles de gauche extrême ou bien de droite extrême ?

P.S. Il m’arrive d’émettre des critiques concernant Brassens, mais ce sont avant tout des critiques d’ordre esthétique, de versification. Je ne sais pas si l’auteur de cet article connaît le sens des mots « esthétique » et « versification »… Déjà à voir nombre de dessins sans talent aucun de la petite feuille en faillite attendue, et nombre de textes de phylactères imbéciles, j’en doute. Digne héritier d’un ignoble con qui avait nom : Bernier, dit Choron. Une sorte de dégénéré satisfait et suffisant, parfaitement antipathique, qui avait son petit fond de commerce de provoc. stérile ne menant à rien, et encore moins à rien de bon. Et même pas drôle la plupart du temps. Ça « anar » : non, gros beauf vulgaire, inculte, ivrogne et partouzeur ; point final. Amoureux du laid et du moins. Un abaisseur… Il avait l’esprit vif, paraît-il, mais en quoi était-il vif ? Que reste-t-il de son « œuvre » ? Et que restera-t-il à venir de celle de ses ersatz charliens ?

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