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UN MESSAGE SUBLIMINAL ?

19 janvier 2015

Depuis « l’attentat », on peut voir ici ou là, par exemple sur la chaîne de télévision d’État FR3, une publicité, une réclame unanimiste dénommée Charlie Vivra qui montre de « braves gens » de « toutes sortes », exhibant en rengaine l’unique verset d’une nouvelle religion : « Je suis Charlie ».

Religion probablement très éphémère, du moins je le souhaite, mais je pense qu’on pourrait ne pas être exempt, dans les années à venir, d’une journée annuelle « du souvenir » venant concurrencer « la Noëlle »* orthodoxe, l’Épiphanie et la galette des rois. Les trois rois mages. La magie évolue sans cesse et plus encore dans la société spectacularo-médiatico-publicito-marchande, comme la multiplication des pains ou la transmutation du plomb en or.

En arrière-fond musical, en antienne bien-pensante, on a le droit au refrain de l’une des chansons posthumes de Brassens (chantée dit-on par Le Forestier, le pauvre homme** ; originellement, elle le fut par le secrétaire musical de Brassens, et musicien lui-même, Jean Bertola mort peu d’années après son poteau). Posthume, peut-être parce que fond de tiroir, après tout nous ne le saurons jamais.

C’est son refrain, qui nous dit :

Quand les cons sont braves / Comme moi, / Comme toi, / Comme nous, / Comme vous, / Ce n’est pas très grave / Qu’ils commettent, / Se permettent / Des bêtises, / Des sottises, / Qu’ils déraisonnent, / Ils n’emmerdent personne.

Par malheur sur terre / La plupart / Des tocards / Sont des gens / Très méchants, / Des crétins sectaires. / Ils s’agitent, / Ils s’excitent, / Ils s’emploient, / Ils déploient / Leur zèle à la ronde, / Ils emmerdent tout l’monde.

Indigne récupération d’une chanson de quelqu’un qui s’est toujours tenu à l’écart et surtout en dehors de toute la fiente politicarde ? Ou subtil retour du bâton et dénonciation des bonnes âmes ? Qui sait ?!

Oui, qui ici, est visé finalement ; qui sont les tocards, très méchants et crétins sectaires qui déploient leur zèle à la ronde et emmerdent tout le monde ?

— « Les méchants terroristes » diront les naïfs manipulés, ou les haineux, qui brandissent leur petite pancarte stupide. Et qui font partie des 7.000.000 de petits moutons tous blancs, qui ont acheté leur petite feuille libre et rebelle, un torchon « de collection » qui plafonnait ces temps derniers à un tirage de 30.000 exemplaires, coulant à cause de sa connerie, de celles de tocards sectaires justement.

Je suis le premier à dire que le nombre ne fait rien à l’affaire, je veux dire par là qu’être peu lu n’est pas un gage de médiocrité en soi, bien au contraire, mais quand on sait que cette feuille est littéralement poussée par la maffia au pouvoir, il me semble que cela veut dire quand même quelque chose. quand de plus les lecteurs ne cessaient de fuir les uns après les autres. L’attentat a précédé un dépôt de bilan attendu. Ce tirage à 7 millions d’exemplaires, c’est, rapporté à la France, un tirage de Pravda (Vérité, sic) de la belle époque stalinienne ! Il pulvérise le record de plus de 1.800.000 exemplaires établi, je ne sais plus à quelle occasion, par le journal catho. de gauche, gazettivore et néanmoins grand ennemi de tout collectivisme, Ouest-France.

— « L’Impérialisme et tous les fanatiques, haineux ou irresponsables manipulés, tant les terroristes que les charlots  » diront comme moi, les gens plus réfléchis qui essayent de manier non pas la dialectique en toc imbécile, mais pour le moins la triolectique.

Décidément, je ne serai jamais Charlie.

Et puis, un peu de décence, foutez la paix à Brassens, ce brave homme mais pas ce brave con comme vous ! Les copains d’abord !

***

* Il y a un flou sur le sexe de ce jour du moins en ancien-français, dans le langage populaire régional et dans ce qui survit encore des dialectes, on dit ainsi « la Nao » (ao, diphtongue) en gallo, comme on dit « Pacao » pour Pâques. Le « ao » est un ancien « al ».

** Je dis « pauvre homme » car après un début de carrière un peu original, il a décidé de se cantonner à chanter l’intégrale (!) des chansons de tonton Georges, et de s’en tenir là. Mais quel intérêt à cela ? Brassens se tient tout seul debout et n’a pas besoin de lui !

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