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DU SPECTACLE — DE LA PUBLICITÉ — D’UN SLOGAN — DES RÉSEAUX DITS SOCIAUX —

16 janvier 2015

Autrefois on se cantonnait à étudier comment se véhiculaient la rumeur de village, les fausses nouvelles « du coin », la calomnie, ou bien les rumeurs de guerre, la propagande des vaincus et même des vainqueurs. Ou encore les mensonges historiques qui perdurent.

À ce sujet voir par exemple L’Histoire Interdite de Franck Ferrand (qui me semble être un titre totalement excessif, car justement cette Histoire-là n’est pas interdite, mais juste mise sous le boisseau par de doctes universitaires) où l’auteur évoque : la mauvaise localisation d’Alésia, la manipulation subie par Jeanne d’Arc, les pièces de Molière écrites par Corneille (moi je dirais : par « l’atelier Corneille »), les cendres d’un autre que Napoléon aux Invalides, la seconde affaire cachée sous l’affaire Dreyfus.

Les mensonges et les lieux communs sont souvent forts tenaces ; ils peuvent avoir la vie dure pendant des siècles. Si l’on n’évoque plus trop la papesse Jeanne, on évoque encore couramment l’incendie de Rome à la demande de Néron (voir, encore plus absurde ! par lui-même, en personne et tout seul comme un grand) qui est une totale hérésie historique (et logique) quand on sait qui il était.

Certes un tyran, mais malheureusement pas plus tyrannique et assassin que tous les autres monarques de cette époque ; mais également un poète et musicien (bon ou mauvais, peu importe et d’ailleurs, on ne le saura jamais), un esthète et un urbaniste constructeur et non destructeur ; mais surtout (en l’occurrence) un opposant païen radical à l’ennemi de l’intérieur, je veux parler du christianisme naissant judéo-hellène. Et c’est dans ce milieu que cette légende, qui perdure encore, a été forgée. Le fait même qu’il eût prétendu être un artiste, un saltimbanque (certes sanglant, mais c’est un autre propos), a fini de le desservir auprès des romains eux-mêmes.

Ainsi, tant et plus de livres et d’articles ont été écrits et sont écrits sur la Seconde Guerre Mondiale, les plus remarquables sont ceux écrits par les révisionnistes qui mettent à bas quelques mythes et qui feront références, quoi qu’en disent les présents chiens de garde de ladite République française, dans les écoles et à l’Université dans les siècles à venir — à moins que l’indécrottable connerie humaine n’ait fait en sorte que l’Humanité ne se soit holocaustée, toute seule comme une grande, au nom du dieu Progrès (sic).

*

Pour en revenir à l’actualité, de nos jours avec Internet, le slogan (présentement, pour une dite bonne cause, toute pleine d’émotion généreuse et naïve, ou haineuse qu’en sait-on, de tant et plus de péquins du monde) est devenue planétaire, pour retomber aussi vite d’ailleurs, je pense. Il en va de même de la propagande, sauf que, elle, elle est permanente, gigantesque et qu’elle perdure d’une manière constante et pesante.

Certains évoquent le gros nombre pour dire que l’élan a été généreux, humain et mondial (je ne le pense pas ; elle ne le fut pas dans bien des pays, et pour diverses raisons; économiques, politiques, religieuses, etc.). Et, à ce que je sache, le nombre n’a jamais, en soi, été un gage de quelconque qualité, de quelconque vérité, de quelconque bon droit. C’est même généralement l’inverse, qui marche souvent avec la loi du plus fort.

Et c’est plutôt une nouvelle illustration de la nature humaine foncièrement grégaire et conformiste. Si facilement manipulée et récupérée par les salauds qui nous « dirigent » comme on a pu le voir avec la manifestation d’État où traînaient quelques salopards, salopards planétaires eux aussi. On est là bien au-delà, ou en-deçà de la réaction émotionnelle compréhensible (car tel est l’être humain en sa nature) et de la défense de ladite liberté d’expression et de la condamnation du terrorisme (quid en passant des barbaries quotidiennes et plus massives ou récurrentes en tant et plus de contrées du monde qui ne provoquent aucun, par exemple : « je suis palestinien »?).

*

Évoquons l’origine du slogan « Je suis Charlie ». Ouvrez les guillemets :

 » L’auteur de la bannière a été identifié [sic] par Le Progrès : il se nomme Joachim Roncin et est directeur artistique et journaliste musical pour le magazine Stylist. [autre chose m’aurait étonné]. Il est le premier a avoir publié ce logo sur Twitter mercredi à 11h52, moins d’une heure après la fusillade.

« C’est très étrange ce qui est en train de se passer, ça me dépasse totalement » [sic], a expliqué le journaliste au Progrès.

« Je n’avais pas beaucoup de mots pour exprimer toute ma peine et j’ai juste eu cette idée de faire ‘Je suis Charlie’ parce que notamment, je lis beaucoup avec mon fils le livre ‘Où est Charlie’ , ça m’est venu assez naturellement », a-t-il confié au quotidien.

« Ce que je voulais dire, c’est que c’est comme si on m’avait touché moi, je me sens personnellement visé, ça me tue, quoi », a précisé le directeur artistique qui a eu l’idée, tout aussi instinctive, de reprendre la typographie de Charlie Hebdo pour son visuel.

Si Joachim Roncin a répondu aux premières demandes de médias demandant à utiliser son logo, celui-ci a rapidement été débordé par les sollicitations. Et, de partages en partages, son image lui a échappé.

Elle est immédiatement devenue le mot-clé #JeSuisCharlie. Un hashtag [sic]* utilisé plus de 619.000 fois avant 20 heures ce vendredi.

Plusieurs pages Facebook « Je suis Charlie » ont été créées dans la foulée. La principale page de soutien en France, relayée par Facebook et réunissant plus de 250.000 personnes, a également repris la formule.

« Je suis Charlie » est devenue la phrase de solidarité et d’émotion d’anonymes, de célébrités, de journalistes, de dessinateurs, de politiques de toutes nationalités. « 

(Laurent Provost, in le HuffPost du 7 courant)

* Le hashtag, en français : « mot-dièse » ou « mot-clic » est un marqueur de contenu avec un mot-clé. Composé du signe typographique en croisillon « # » (appelé hash en anglais), suivi d’un ou plusieurs mots accolés (le tag, ou étiquette en français).

Il n’est donc pas inutile de rapporter l’événement charliesque à :

  01 02version française des « p’tits mickeys » dessinés par l’illustrateur britannique Martin Handford sous le titre originel de Where’s Wally ?

Moi, j’y vois ou j’y comprends ceci : 

 03 04 05 06   08 07AMEN !

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