Skip to content

TRANCHES DE VIE SCOLAIRE _ INSTRUCTION PUBLIQUE _ ÉDUCATION NATIONALE

14 janvier 2015

DEUX ARTICLES DU HUFFINGTON POST — FRANCE — DU 8 JANVIER — DE SANDRA LORENZO

CHARLIE HEBDO : SUR L’HORREUR IL A FALLU METTRE DES MOTS

J’avais commencé à faire des longues remarques (entre crochets), mais finalement je les ai réduites au minimum ; il y aurait tant à dire, j’ai laissé celles des passages qui me paraissaient les plus à annoter.

*

Dans son collège, où il y a une forte communauté musulmane, les esprits devaient être rassurés. « Ils ont vu [sic, qu’en sait-elle ?], des sites d’extrême-droite, des titres terribles contre l’Islam. [mais pas que ça, qui ne valait guère mieux]. Quand je leur ai dit que jamais ni moi, ni personne dans le collège n’allait faire ce genre d’amalgames, j’ai senti qu’ils étaient contents. » Aujourd’hui, ce jeudi 8 janvier, Alice a décidé de bousculer le programme de ses cours pour parler avec ses élèves, des 5e et des 4e, âgés de 12, 13 et 14 ans.

« J’ai commencé par leur dire que j’étais triste et que c’était la première et la dernière fois que je leur parlerai de moi ainsi. En tant que professeur d’éducation civique, je me devais de le faire, en tant que citoyenne aussi », affirme-t-elle avec force. Contrairement à de nombreux autres enseignants en France, Alice a eu la chance d’avoir quelques heures mercredi et jeudi matin pour préparer soigneusement son intervention pour être sûre de ne pas se faire submerger par les interventions des élèves et par l’émotion. « J’ai tout simplement repris les fondamentaux, les premiers articles de la Constitution, les Unes de la presse étrangère. Je voulais qu’ils comprennent avant tout l’ampleur de cet événement ». [de cet événement médiatisé ? tout les jours il arrive bien pire dans le Monde, en Palestine, Syrie, Irak, etc. mais ça ne fait pas sortir les foules dans la rue ou réagir l’État manipulateur]

Les débats n’ont pas été apaisés, loin s’en faut. « Les élèves les plus jeunes ont été les plus difficiles à canaliser, [sic] tout comme les élèves les plus fervents dans leur foi qui placent la religion au-dessus de tout », [sic] analyse Alice. Une chose en particulier pose problème aux élèves, l’humour. « Avant de réagir comme des enfants, des élèves ou des citoyens, ils ont parfois réagi comme des croyants. J’ai rappelé à plusieurs reprises que la religion ne définit pas entièrement ce que l’on est », défend Alice. « Chez moi, madame, on ne rigole pas, on ne fait pas de blague », lui a lancé une élève de 5e. Consciencieusement, Alice leur a montré un grand nombre de Unes de Charlie Hebdo. [sic, lesquelles ? est-ce que c’est de leur âge ?]. Pour rappeler que les caricatures se moquaient [sic] de tout et de tout le monde, [ben voyons ! tout vraiment tout, et tous de la même manière ?] des hommes politiques aux religions.

« Ils avaient tellement de choses à dire. Pour la plupart, leur opinion était déjà faite. [c’est interdit ?] Certains ont osé, ‘ils l’avaient bien cherché’, [je veux des noms!] d’autres ont évoqué les théories du complot [oui, et alors ?] avant d’être violemment contestés [ah, j’ai eu peur] par leurs camarades. » Finalement, ce cours d’éducation civique [sic] leur aura aussi servi de leçon à grandeur réelle.[sic !] « Aucun cours ne peut remplacer une telle expérience vie », affirme-t-elle. Malheureusement, une heure n’aura pas suffi à faire le tour du sujet, [tu l’as dit] même si le principal semble avoir été fait. [Ah, bon!] Alice n’a qu’un regret de cette journée pas comme les autres. « J’ai haussé le ton contre un élève qui me disait que cette attaque n’était pas grave. [ce qui est son opinion, liberté d’expression, ma grande] J’aurais dû garder mon calme ». [en effet et t’expliquer où alors tu ne fais que de la propagande d’État]

*

MINUTE DE SILENCE : DANS LES MATERNELLES, LA CONSIGNE EMBARRASSE DE NOMBREUX DIRECTEURS D’ÉCOLE

Jeudi dernier, à midi, une minute de silence était organisée dans tous les services publics, écoles comprises.

Mercredi soir, les enseignants et les directeurs d’établissement ont reçu un courrier de la Ministre. « Je vous invite à répondre favorablement aux besoins ou demandes d’expression qui pourraient avoir lieu dans les classes en vous laissant le soin, si vous le souhaitez, de vous appuyer sur l’ensemble des ressources pédagogiques que les services du ministère tiennent à votre disposition », explique Najat Vallaud Belkacem.

Mais quand les enfants ont entre 2 ans et demi et 6 ans, que faire? Que dire? Quelle attitude adopter? Sont-ils trop jeunes pour entendre ce qu’il s’est passé? C’est que pense six des huit directeurs et directrices d’école maternelle que Le HuffPost a contacté ce jour à Paris, Marseille, Reims et Lyon. Tous sont touchés par les événements de la veille et prennent très à cœur cette demande du Président de la République, même s’ils ne vont pas pouvoir y répondre. « Ils sont trop petits vous savez », confirme la directrice d’une école maternelle du 13e arrondissement de Paris. « La minute de silence, nous allons l’organiser mais entre adultes, nous nous réunirons dans la salle des maîtres dans la journée. » Même avis à Reims, où l’enseignante de petite section que nous interrogeons assure, « en tant qu’adulte, on diffère cette minute de silence à ce soir pendant notre réunion pédagogique, mais avec les enfants, ce n’est pas possible, ils sont trop petits ».

Au ministère de l’Éducation nationale, contacté par Le HuffPost, on comprend sans peine la réserve des directeurs et des enseignants de maternelle. « La Ministre laisse à la libre appréciation des enseignants le soin d’organiser cette minute de silence. Nous savons que c’est difficile, en particulier en maternelle », assure le service de presse du ministère. Si plusieurs écoles contactées ont décidé de ne pas rallier les enfants à cette manifestation de soutien les jugeant trop jeunes, certains directeurs d’école ont aussi critiqué l’heure à laquelle la minute de silence a été organisée: 12h.

« À 12h, les enfants ne sont plus sur le temps scolaire. Ils sont à la cantine ou dans la cours de récréation avec des animateurs », confie la directrice d’une école du 8e arrondissement de Marseille. « Si cette minute avait été organisée plus tôt ou plus tard dans la journée, nous aurions associé les enfants, même les plus petits. Je ne leur aurais peut-être pas tout expliqué mais je l’aurais fait », confie-elle encore. Dans une école maternelle de Lyon, la minute de silence sera organisée: « On va le faire, c’est normal, mais ce sera difficile, surtout avec de si jeunes enfants », s’inquiète l’assistante de la directrice absente ce jour.

« Le Président de la République n’a jamais travaillé dans une école maternelle! », s’indigne la directrice d’une école maternelle du centre de Paris. « À midi, les petits mangent, les grands sont dans la cour. C’est pourquoi nous avons décidé de différer cette minute de silence et d’y associer tout le monde. » La directrice a réuni son équipe avant l’arrivée des enfants pour se mettre d’accord sur la façon dont l’attaque terroriste allait être abordée. « Quand on n’est pas d’accord avec son copain, on ne le tape pas. Quand on est un adulte, on ne tue pas quelqu’un parce qu’on n’est pas d’accord », répète la directrice, visiblement émue.

Mais il a fallu faire face à l’hostilité de certains parents: « Ils nous ont dit ce matin, ‘une minute de silence, pas question' », se souvient la directrice. Si elle a décidé d’en parler, c’est qu’elle n’a pas voulu laisser les enfants de côté: « On ne peut pas ne pas mettre de mots. C’est notre rôle, il faut accueillir la parole de l’enfant. Nous parlerons plus précisément avec les enfants qui nous en feront la demande. » Et de rajouter, « Cabu avait un regard très doux, très gentil. Les enfants ont le regard de Cabu ». [sic, mais pas l’esprit…]

La lettre envoyée aux écoles par la [sic] Ministre :

1-c723f536e1

*

Amen !

Publicités

From → divers

Commentaires fermés