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MEA CULPA, CERTES — MAIS LUZ N’EST PAS TOUT À FAIT UNE LUMIÈRE

14 janvier 2015

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Devant cette une annoncée je reste dubitatif. Elle ne plairait pas à tout le monde de par le Monde pour diverses raisons religieuses ou autres. Je ne vais pas m’étendre là-dessus. Je vais dire ce que j’en pense, moi.

Que veulent-ils dire exactement ? Pas évident à comprendre et très ambigu, pour une fois chez Charlie quand il ne s’agit plus d’être simplement grossier et vulgairement simpliste.

Là il n’est plus question de dire ou de dessiner de « grosses conneries », on est attendu puis entendu par la Terre entière, enfin un bout seulement, il ne faut pas exagérer non plus. Les pauvres, qui forment la grande masse humaine, n’en ont rien à foutre ! Ils ont bien d’autres chats à fouetter, comme on dit.

Il me semble que, la queue basse, Luz et toute la rédaction font leur mea culpa. Leur acte de contrition. Et que le Prophète, finalement bon prince, compatissant et ému pardonne aux mécréants. Et que Charlie au final a subi, mais c’est « pour de rire », et pour son bien, un juste châtiment. Et que Mahomet n’est pas si méchant et n’a rien à voir avec les odieux islamistes, etc.

Or, trop bêtes pour en rester là, ce qui pourrait avoir une certaine classe, il leur a fallu mettre dans les mains de ce supposé Prophète ou musulman de l’œil duquel s’échappe une larme, un « je suis Charlie » rageur, voulant avoir le dernier mot, qui fiche tout en l’air. Mahomet ne sera jamais Charlie. Il est Mahomet. Il ne s’abaisse pas à ces trivialités et ne va quand même pas crier : Allah est mort ! même pour vous faire plaisir.

On dirait qu’ils ont à demi compris. À demi seulement. Faudra-t-il un second drame pour qu’ils comprennent entièrement ? Je ne leur souhaite pas une piqûre de rappel.

*

Sur je ne sais plus quelle gazette électronisée, je suis tombé sur des propos fort surprenants, déconcertants de ce même Luz. Dénonçant la récupération, rappelant que les caricaturistes auraient conchiés ce qui se passe depuis une semaine et que Charlie ne pratiquait pas les symboles. Là je comprends mal.

Qu’est-ce qui empêchait Charlie de définir les termes mêmes du soutien qu’il entendait recevoir ? Mais sont-ils libres en fait, ne sont-ils pas pieds et poings liés, tenus par certains milieux ?

Qui les empêchaient de définir les termes de la manifestation de dimanche, et de dire au Parti Sioniste (sic) et au gouvernement, et à la petite « gauche » en général :  » Bas les pattes  » ? Cette « manif », la parisienne du moins, qui a permis de voir tout un fatras de salopards de l’Internationale des pourris et fouteurs de merde de la politique. Note en passant : Marseille seconde ville de France n’a réuni qu’une centaine de milliers de manifestants, moins que certaines manifestations partisanes ou syndicales. Il serait bien d’analyser le pourquoi.

Qui les empêchaient de dire à l’évêché : « non merci, vous êtes bien gentils, mais pas de glas pour des mécréants ou athées viscéraux criant « à bas la calotte! », c’est pas notre truc ». Qui les empêchaient de dire à la Le Pen : « ferme ton clapet, à Charlie nous sommes tous opposés à la peine de mort en quelque circonstance que ce soit ; ça ne fait qu’ajouter une mort à une autre mort et ça pue le châtiment chrétien d’un autre temps ».

Où alors, ils ont été dépassés et débordés par l’événement. Là on n’est plus dans le jeu mais dans le réel, on n’est plus dans la cour de récré. Ils ont été totalement incohérents. Ils ne tenaient qu’à eux qu’on ne fasse pas des morts, des héros ou que sais-je. Dans le feu de l’événement, certains ont même évoqué le Panthéon pour ces « grands hommes du petit crayon ». Pourquoi pas après tout, il n’y a pas que des flèches et des personnages de qualité et des gens qui ont désiré être là qui se trouvent remisés au Panthéon, monument d’une froideur toute cadavérique s’il en est avec ses tombeaux ou cénotaphes, et qui fut à l’origine, il ne faut pas l’oublier une église qui devait être consacrée à Sainte Geneviève.

Enfin, j’ai sauté au plafond lorsque j’ai lu que Charlie ne pratiquerait pas les symboles. Et d’une « je suis Charlie », n’est-ce pas un symbole ? J’ai cru comprendre que ça voulait dire pour certains « vive la liberté d’expression », pour d’autres « non à la barbarie dite islamiste », pour d’autres encore « je suis sur la ligne de ce qu’affirme et défend Charlie »…

Et moi, c’est bien parce que je ne suis pas sur la ligne esthétique, éthique et avant tout politique de Charlie que j’ai écrit et que j’écris encore : « je ne suis pas Charlie ».

Et de deux, comment un caricaturiste, quelqu’un qui joue constamment avec l’image, le discours bref en slogans, et les gros sabots comme à Charlie, peut-il affirmer une telle énormité? Alors même que tous les dessins de Charlie ne sont que symboles. Bons ou mauvais c’est autre chose. Symbole du catholicisme par l’image du Pape ou d’un prêtre, symbole de la religion musulmane par le recours à un supposé Mahomet à turban comme ici (et comme si tous les musulmans portaient un turban d’ailleurs), symbole du judaïsme par le dessin d’un rav, symbole de la guerre par une bombe qui tombe, etc.

C’est bien parce que ces dessins, ces caricatures sont symboles qu’ils touchent les sensibilités les plus diverses (par attraction ou répulsion, et rarement par l’amour et la compassion, mais le plus souvent par la haine hargneuse chez les charlots).

Et puis, je rappelle que Luz, sans honte, a également déclaré que : qui voulait lire Charlie, l’achetait et rentrait chez lui pour le lire; mais que les dessinateurs de Charlie n’étaient en rien responsables de la diffusion de leurs dessins sur Internet. Semblant se décharger de ses responsabilités (irresponsable ! c’est écrit en sous-titre) et sous-entendre que Charlie se vendait à demi sous le manteau, presque en catimini, et qui sait pour un public averti, initié et supérieur seulement. Quel hypocrite, ou quel couard qui n’assume pas ce qu’il fait. Luz, « l’iconoclaste » honteux… Mais à ce que je sache, Charlie est affiché à la vente et tout un chacun pour en voir ses couvertures à l’étal des marchands de journaux, mineurs y compris et même « esprits faibles ».

*

En substance « les gens de Charlie ont toujours refusé tous les symboles » est une énormité alors qu’ils naviguent constamment à vue en compagnie de leurs symboles, j’ajoute : de leur symbolique obsessionnelle, symbolique anti-religieuse dégradante en particulier dont un exemple frappant est cette ignoble caricature de malade (présentée dans un article précédent) rigolant, ou prétendant vouloir rigoler, de victimes égyptienne de la barbarie.

Au fait pourquoi ne pas avoir fait le même genre de chose pour la mort des collabos de Charlot ? Je dis « collabos de Charlot », je précise que je ne veux pas dire « collaborateurs du journal Charlie Hebdo », mais « collabos charlots de l’américano-sionisme ». C’est de basse politique machiavélique et de basse propagande dont je parle.

Ce qui est incontestablement vrai est que cette feuille est irresponsable. Mais j’ajoute quand même, qu’elle ne devrait pas être en dehors des lois de la République tant chéries par ses innombrables soutiens institutionnels, particuliers ou occultes.

Elle ne devrait pas être en dehors non plus d’une certaine déontologie (ô quel gros mot!) lui interdisant de rire ou de vouloir faire rire de la mort d’un millier de personnes en Égypte (« qui ne sont que des bougnoules », ont dû penser un certain nombre de leurs lecteurs racistes affriolés) avec l’argument très fin qu’il s’agissait de musulmans impuissants à se défendre avec leur Coran.

Donc, doublement punis, si je suis la « logique » charlienne. Punis de mal croire du côté des psychopathes pseudo-islamiques et punis de croire du côté des grandes âmes de ladite démocratie, grand amie de la liberté de croyance. Ces « minables » pas même protégés des balles par leur dieu et leur livre. Moi, personnellement je croyais que c’était la police ou l’armée qui avait pour tâche de protéger les populations. Mais, je suis souvent bien incapable de m’élever jusqu’aux limbes extrêmes de la haute métaphysique du beauf moyen charlien. « Beauf » : mot et personnage inventé par Cabu, comme chacun sait, qui lui-même a fini par lui ressembler. Quel retournement cocasse et dérisoire!

D’ailleurs, c’est totalement réducteur et caricatural (dans le mauvais sens du terme) de prétendre que le millier de victimes égyptiennes de la barbarie seraient d’autant des musulmans. Je crois même me souvenir que c’étaient et que ce sont encore bien souvent des coptes, des chrétiens, qui subissent l’intolérance criminelle desdits islamistes, tout autant que des « mauvais » musulmans, et sans doute aussi des agnostiques, des croyants tièdes ou des incroyants. Et peut-être même des non-égyptiens…

Je trouve cette logique charlienne manichéiste (sic) particulièrement odieuse. Et j’acquiesce avec ceux qui ont rappelé que Charlie, le torchon de papier, avait été totalement impuissant à arrêter les balles tragiques à Charlie Hebdo. Faut-il en rire ? Bien sûr, d’un rire bien gras, bien con, bien charliesque. C’est de l’humour ! Faut-il le dessiner ? Bien évidemment, c’est de la liberté d’expression…

Mais poursuivons.

Si comme l’a écrit Dieudonné, sans haine aucune, en toute compassion (chrétienne) pour une « mauvaise victime » (qui pour moi est un manipulé au même titre que, d’une autre manière, Charlie est manipulé) « je suis Charly Coulibaly » est relevable d’une hypothétique « apologie du terrorisme » comme le rappelle le socialo-sioniste et haineux premier ministre, alors je ne vois pas pourquoi dire, avec une haine malade, à des morts victimes de la barbarie : « bien fait ! » (car moi, et pas que moi, c’est ce que je comprends) ne devrait pas relever encore plus des tribunaux.

« Bien fait », c’est ce que disent en douce, à mi-voix ou entre eux, un certain nombre de gens suite à la mort des charlots irresponsables. S’ils l’écrivent ou le clament, c’est un délit patent. On commence d’ailleurs à en voir les premiers effets avec des jugements « en flag », en comparution immédiate et à chaud.

N’étant pas un as du Droit j’ai cherché ce qui pouvait correspondre à un délit d’insulte des morts ou de non respect dû aux morts et à leur mémoire. Je ne parle pas de la loi charlatanesque, d’exception, liberticide, communautariste et anticonstitutionnelle dénommée Loi Fabius-Gayssot (un dit socialiste et un stalinien qui sont bien évidemment les grands champions de la liberté d’expression comme on le constate tous les jours, ou comme l’histoire nous le rappelle). Sauf erreur, dans la Loi française, le respect dû aux morts semble être limité au respect dû au corps et à la sépulture des morts. Et le respect de la mémoire des morts semble se limiter au droit des vivants, des héritiers, des descendants de ne pas subir l’opprobre tombant sur la tête des « mauvais morts ». Ce qui pourrait bien (ou plutôt mal) arriver aux familles des présents terroristes. La connerie humaine étant infinie.

Par contre, stigmatiser, pousser systématiquement à la haine des membres d’une religion précise (suivez mon regard en direction de la Le Pen de l’extrême-droite et du Charlie de l’extrême-bêtise)…

Enfin, je ne suis pas juriste.

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