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QUELQUES DESSINS DE NAJI AL-ALI ASSASSINÉ DISCRÈTEMENT À LONDRES EN 1987 PAR LE MOSSAD

12 janvier 2015

Qui connaît en Occident Naji Al-Ali ? Ce dessinateur et caricaturiste palestinien, très célèbre de nos jours encore au Proche-Orient, et qui fut assassiné à Londres, le 22 juillet 1987, alors qu’il travaillait pour le journal koweiti Al-Qabas ?

C’était un artiste talentueux et aussi irrévérencieux (ce qui va souvent de pair) à l’encontre des potentats arabes en particulier ; il dénonçait le sionisme sans ambages, mais non sans oublier de taper sur certains dirigeants palestiniens corrompus.

Un tueur professionnel lui logea une balle dans la tête alors qu’il était à son journal. Tueur qui quitta les lieux sans encombre. Dix mois plus tard, Scotland Yard arrêta un certain Ismaïl Suwan, un étudiant palestinien impliqué dans l’organisation du meurtre. Interrogé, il révéla qu’il avait été recruté par le Mossad.

Devant le refus d’Israël de s’expliquer Thatcher ordonna la fermeture de l’antenne du Mossad à Londres, ce qui ne l’empêcha nullement de poursuivre sa sinistre besogne en Grande-Bretagne.

Bien que connue du MI5, service de renseignement intérieur britannique, l’identité de l’assassin, un agent du Kidon, le service “action” du Mossad, n’a jamais été divulguée.

Je n’ai pas le souvenir que la presse occidentale se soit ému de quoi que ce soit, ni à aucun moment.

En 2011, les Éditions Scribest ont fait paraître le Livre de Handala, un recueil de 140 dessins de Naji Al-Ali inédits et annotés. Dans la présentation du Livre de Handala, Siné rappelle que le dessinateur a été tué « à cause des convictions qu’il exprimait à merveille à travers ses dessins et son petit personnage nommé Handala ».

Handala est en effet un jeune réfugié palestinien misérable d’une dizaine d’années ; il est présent sur beaucoup de dessins de Naji al-Ali qui le présente toujours le dos tourné au monde qui a trahi son peuple.

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Moi, voyez-vous, je dois être un affreux réactionnaire, mais je suis de ce côté-ci, esthétiquement, éthiquement, poétiquement, humainement parlant.

Entre les Charlots et Naji Al-Ali, il n’y a pas photo. Ce dernier souvent, comme ici, n’a même pas besoin de mots.

Du côté du vent dominant de la décadence : la laideur, la bêtise suffisante, la cochonnerie des médiocres, le néant ordurier, l’inhumanité abjecte. L’affreuse trivialité.

Du côté des exclus, des méprisés, des écrabouillés : la beauté, le malheur, le talent d’artiste, l’émotion tendre et retenue, la compassion humaine.  Le sens du sacré.

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