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JE NE SUIS PAS CHARLIE — QUELQUES DOCUMENTS

12 janvier 2015

1/ EXEMPLE DE DIARRHÉE MENTALE CHARLIENNE :

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CHARLIE HEBDO [No 359] du 05/05/1999 –

De ce joli fatras je retiens tout d’abord ces slogans provocateurs en « -ez » qui depuis bien longtemps m’horripilent, qui donnent des ordres et se maintiennent en dehors de ce qu’ils proposent. Cela me fait toujours penser à une phrase que mon père (antimilitariste) me disait souvent à propos de la guerre, qui était la suivante, et qui était très juste : « Armons-nous et partez ! ». Donc « achevons, fusillons, etc. » me semblerait plus approprié, si je puis dire.

Puis, je remarque que la plupart de ces « slogans » sont des parodies de ce qui a pu se passer quelquefois en des temps de révolution. Quand ce n’était pas « pour de rire », comme à Charlie.

Par exemple, sous ladite Révolution française Carrier s’était fait une spécialité de noyer les religieux mâles et femelles et les nobles en les entassant dans des bateaux dont on pouvait ouvrir les fonds en Loire ou en pleine mer. Pendant la guerre civile espagnole certains ne se sont pas privés d’incendier des banques je ne sais pas, mais des églises et des monastères, et pas qu’une ou qu’un c’est sûr, de préférence avec des gens à l’intérieur, grosse tache « républicaine ».

Détournant la célèbre phrase du curé Meslier (L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier des tyrans aura été pendu avec les tripes du dernier prêtre) et en vandalisant une peinture de la Sorbonne, certain situationniste, qui fit carrière ensuite dans l’université, écrivit : « Camarades ! L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste », autre manière de dire « ni stalino-gauchisme, ni capitalisme ».

Mais, c’était Mai 68, révolution d’opérette, où j’ai l’impression, le temps passant, d’avoir été comme tant d’autres jeunes, manipulé pour des raisons moins nobles que celles avancées en slogans dans les rues. Attention, je ne renie pas ce que fut pour moi cette époque, et ce que je pensais alors et pense encore en très grande partie de nos jours, mais je m’interroge sur les intentions politiques réelles de certains et de toutes ces officines gauchistes en particulier, pratiquement toutes dirigées par qui vous savez, ce que j’ignorais totalement à l’époque et n’était pas du tout dans mes préoccupations naïves et juvéniles. Ce n’est que bien après que je me suis rendu compte que 68 suivait… 67, année qui dira quelque chose à qui s’intéresse au Proche-Orient et à la politique étrangère gaullienne.

Cela dit sur le fond (sans vouloir parler de la moralité de tout cela), je trouve que cette une est totalement incohérente, faite de bric et de broc. Si « fusillez les militaires, étranglez les curés, écrabouillez les flics et incendiez les banques » est de la même veine, veine crétine d’un pseudo-anarchisme infantile pour ne pas dire pathologique vu l’âge de ceux qui ont écrit ça, les deux autres « slogans » sont en complet décalage. Je dirai que seul le premier, de scatologie pathétique, de stade anal comme pouvait écrire l’autre, a un rapport avec Noël et que le second* relève du crétinisme pur et simple.

Je ne savais pas que les handicapés eussent représenté quelque pouvoir réel ou occulte nocif en notre société. Je crois que c’est la phrase la plus profondément débile de toute. Qui peut en rire ou en sourire sinon des esprits malades ou au premier degré des partisans d’un certain eugénisme radical qui me semble être celui de l’autre bord politique ? Si tant est que Charlie (et Hara Kiri) n’aient jamais été autre chose qu’un conglomérat de deux ou trois personnes sensées parmi une tourbe d’infantiles, de maniaques décadents et de rigolards sordides. On évoque peu le cas des personnes qui ont quitté, ou se sont écartés de Charlie (nouvelle formule en particulier), dégoûtés de sa « ligne éditoriale » comme l’on dit.

… Au fait, ils avaient oublié dans la liste : « fusillez les journalistes »…

C’est trop bite, enfin maintenant, c’est fait.

*

PS On dirait que ces slogans sont là pour faire du tort à la véritable pensée anarchiste qui est avant tout un humanisme. Un peu comme l’abruti de Con le Bandit (enfin un nom comme ça, je ne sais plus bien) est là comme repoussoir. Ou un peu comme les gogolitos de l’anarchisme faisant une fixation sur ledit fascisme qu’aucun n’a jamais subi, tout en oubliant le capitalisme, le seul ennemi véritable, que tout un chacun subit, eux y compris.

* « Deuxième était peu employé au XVIIe siècle […] En faveur de deuxième, on a prétendu qu’il valait mieux que second, pourvu que le nombre des objets dépassât deux, second terminant une énumération après premier, et deuxième indiquant qu’il sera suivi de troisième, etc. Mais cette raison, tout arbitraire, laisse prévaloir l’usage. » (Émile Littré)

*

2/ FACE À UNE BARBARIE SANS NOM… QUI EN A UN, JE NE SUIS PAS CHARLIE HEBDO

Paru sur le site Agora du 8 janvier. Par Marc Leroy, alias La Plume à gratter.

Je ne suis pas Charlie… Je suis comme l’immense majorité de mes compatriotes horrifié par le massacre abominable qui a eu lieu hier en ses murs… mais je ne suis pas Charlie. J’ai la plus grande compassion pour les malheureuses victimes, dessinateurs, journalistes, employés ou policiers et pour leurs familles foudroyées par l’horreur et le chagrin… mais je ne suis pas Charlie. Je crois, je sais que la France doit se réveiller, faire front et se dresser, la plus unie possible face à une pareille barbarie… mais je ne suis pas Charlie.

Je ne suis pas Charlie, parce que je n’ai jamais aimé ce journal manichéen, dégoulinant de moraline de « gôche », vulgaire, méprisant des opinions qui n’étaient pas les siennes, et le plus souvent provocateur à seule fin de faire le « buzz » et de vendre du papier. Je ne suis pas Charlie, parce que je réprouve une ligne éditoriale qui tire depuis toujours à la Grosse Bertha du rire gras et ordurier sur les convictions religieuses des chrétiens ou des musulmans, qui ridiculise ou offense gratuitement leurs convictions les plus profondes, tout en épargnant totalement la troisième Religion du Livre, allant pour ce faire jusqu’à licencier l’un de ses pères fondateurs, Siné, pour une simple allusion dérisoire, lors de la conversion du fils Sarkozy au judaïsme. Je ne suis pas Charlie, parce que je n’aimais pas et que je n’aime toujours pas Charlie Hebdo.

Je ne suis pas Charlie parce que je réprouve totalement cette tendance de notre époque « médiatico-bienpensante », consternante et simpliste jusqu’à en devenir obscène, qui consiste systématiquement à « faire de l’événement télé », des « images » de tout… et de rien. A déposer des gerbes de fleurs ou des bougies, à arborer des pins aux « messages » débilissimes ou des rubans à la boutonnière, à organiser des marches blanches ou des manifestations de « solidarité », des commémorations, des « jours de », des Téléthon, des Concert des Enfoirés, des grand-messes de compassion et de générosité ostentatoires et pour bonne partie factices, cela à la moindre occasion, de la plus terrible à la plus anecdotique. A interroger, à filmer et passer sur tous les médias des entrevues dérisoires, totalement vides de sens ou d’information, de mères éplorées, de frères incrédules, de neveux en colère, de voisins de palier ou de commerçants de proximité qui n’ont rien à dire, ne savent rien, mais se précipiteront bientôt chez eux pour se « voir à la télé », non sans appeler les copains au téléphone pour les prévenir qu’ils ont eu, les veinards, leur petite minute de célébrité. Je ne suis pas Charlie parce que je conchie ce relativisme indécent, ce confusionnisme permanent, ce simplisme manichéen, ce voyeurisme abject.

Je ne suis pas Charlie, parce que je sais, contrairement à ce que répètent en boucle nos perroquets médiatiques, trop contents au fond de pouvoir utiliser ce drame abominable pour redorer le blason sérieusement terni d’une caste journalistique totalement vendue au politiquement correct, que ce massacre n’est pas une attaque contre la « liberté de la presse » : c’est une expédition punitive, une exécution pour le seul et unique délit de blasphème à l’égard de la religion musulmane et de son Prophète. Les déclarations filmées des deux tueurs après leur sinistre besogne le prouvent sans contestation possible. Je ne suis pas Charlie, parce que je sais que ce n’est pas avec des slogans simplistes et de la « com » à deux balles qu’on condamne puis qu’on affronte une des pires menaces de notre temps.

Je ne suis pas Charlie, parce que je méprise au plus haut point la plupart de ces Jean Moulin de bastringue, télés, radios, journaux, sites internet ou simples péquins, qui se drapent dans des costumes de résistants face à l’obscurantisme, costumes infiniment trop grands pour eux, en arborant un logo « je suis Charlie » à leur boutonnière ou sur leur page Facebook, même si je sais que certains de ces péquins, malheureusement peu lucides, aveuglés par l’horreur de l’événement et le manichéisme de notre époque, le font en toute sincérité. Je ne suis pas Charlie enfin parce que je me refuse à jamais de faire partie de ces pathétiques « Mutins de Panurge » que dénonçait, ridiculisait à raison le regretté Philippe Muray.*

Je ne suis pas Charlie parce que les victimes du massacre barbare qui s’est produit ce mercredi ne sont pas « des héros » comme l’a pathétiquement, « médiatiquement » affirmé François Hollande dans son intervention d’hier soir. Ce ne sont que les malheureux martyrs, qui avaient été précédés de beaucoup d’autres et qui seront hélas suivis de bien plus encore, en France, en Algérie, en Afghanistan, en Syrie, au Pakistan, au Mali et un peu partout à travers le monde, d’une barbarie sans nom… qui en a pourtant un : le fondamentalisme musulman.**

Notes de moi :

* Philippe Muray est l’auteur de cette formule : « Ce devant quoi une société se prosterne nous dit ce qu’elle est. » Ce qui est souvent rendu de nos jours, politiquement ou idéologiquement parlant, par : « dis-moi de qui on n’a pas le droit de parler, ou de dire du mal, et je te dirai qui dirige la société ».

** Qui ressemble comme un frère au fondamentalisme chrétien qui perdura pendant des siècles et remonte plus haut que les guerres de religion, l’Inquisition et les croisades, à la fin même de l’empire romain lorsque le christianisme est devenu religion totalitaire d’État. Et d’où sortent ces deux religions, sinon du judaïsme… Elles sont du judaïsme universaliste, ou si l’on préfère mondialiste, pour goyim. Le judéo-talmudisme demeurant étroitement tribal et du domaine de l’Élection réservée.

*

3/ JE NE SUIS PAS CHARLIE (YO NO SOY CHARLIE)

Parto aclarando antes que nada, que considero una atrocidad el ataque a las oficinas de la revista satírica Charlie Hebdo en París y que no creo que, en ninguna circunstancia, sea justificable convertir a un periodista, por dudosa que sea su calidad profesional, en un objetivo militar. Lo mismo es válido en Francia, como lo es en Colombia o en Palestina. Tampoco me identifico con ningún fundamentalismo, ni cristiano, ni judío, ni musulmán ni tampoco con el bobo-secularismo afrancesado, que erige a la sagrada “République” en una diosa. Hago estas aclaraciones necesarias pues, por más que insistan los gurús de la alta política que en Europa vivimos en una “democracia ejemplar” con “grandes libertades”, sabemos que el Gran Hermano nos vigila y que cualquier discurso que se salga del libreto es castigado duramente. Pero no creo que censurar el ataque en contra de Charlie Hebdo sea sinónimo de celebrar una revista que es, fundamentalmente, un monumento a la intolerancia, al racismo y a la arrogancia colonial.

Miles de personas, comprensiblemente afectadas por este atentado, han circulado mensajes en francés diciendo “Je Suis Charlie” (Yo soy Charlie), como si este mensaje fuera el último grito en la defensa de la libertad. Pues bien, yo no soy Charlie. No me identifico con la representación degradante y “caricaturesca” que hace del mundo islámico, en plena época de la llamada “Guerra contra el Terrorismo”, con toda la carga racista y colonialista que esto conlleva. No puedo ver con buena cara esa constante agresión simbólica que tiene como contrapartida una agresión física y real, mediante los bombardeos y ocupaciones militares a países pertenecientes a este horizonte cultural. Tampoco puedo ver con buenos ojos estas caricaturas y sus textos ofensivos, cuando los árabes son uno de los sectores más marginados, empobrecidos y explotados de la sociedad francesa, que han recibido históricamente un trato brutal : no se me olvida que en el metro de París, a comienzos de los ‘60, la policía masacró a palos a 200 argelinos por demandar el fin de la ocupación francesa de su país, que ya había dejado un saldo estimado de un millón de “incivilizados” árabes muertos. No se trata de inocentes caricaturas hechas por libre pensadores, sino que se trata de mensajes, producidos desde los medios de comunicación de masas (si, aunque pose de alternativo Charlie Hebdo pertenece a los medios de masas), cargados de estereotipos y odios, que refuerzan un discurso que entiende a los árabes como bárbaros a los cuales hay que contener, desarraigar, controlar, reprimir, oprimir y exterminar. Mensajes cuyo propósito implícito es justificar las invasiones a países del Oriente Medio así como las múltiples intervenciones y bombardeos que desde Occidente se orquestan en la defensa del nuevo reparto imperial. El actor español Willy Toledo decía, en una declaración polémica -por apenas evidenciar lo obvio-, que “Occidente mata todos los días. Sin ruido”. Y eso es lo que Charlie y su humor negro ocultan bajo la forma de la sátira.

No me olvido de la carátula del N°1099 de Charlie Hebdo, [cf. un article précédent] en la cual se trivializaba la masacre de más de mil egipcios por una brutal dictadura militar, que tiene el beneplácito de Francia y de EEUU, mediante una portada que dice algo así como “Matanza en Egipto. El Corán es una mierda: no detiene las balas”. La caricatura era la de un hombre musulmán acribillado, mientras trataba de protegerse con el Corán. Habrá a quien le parezca esto gracioso. También, en su época, colonos ingleses en Tierra del Fuego creían que era gracioso posar en fotografías junto a los indígenas que habian « cazado », con amplias sonrisas, carabina en mano, y con el pie encima del cadáver sanguinolento aún caliente. En vez de graciosa, esa caricatura me parece violenta y colonial, un abuso de la tan ficticia como manoseada libertad de prensa occidental. ¿Qué ocurriría si yo hiciera ahora una revista cuya portada tuviera el siguiente lema: “Matanza en París. Charlie Hebdo es una mierda: no detiene las balas” e hiciera una caricatura del fallecido Jean Cabut acribillado con una copia de la revista en sus manos? Claro que sería un escándalo: la vida de un francés es sagrada. La de un egipcio (o la de un palestino, iraquí, sirio, etc.) es material “humorístico”. Por eso no soy Charlie, pues para mí la vida de cada uno de esos egipcios acribillados es tan sagrada como la de cualquiera de esos caricaturistas hoy asesinados.

Ya sabemos que viene de aquí para allá: habrá discursos de defender la libertad de prensa por parte de los mismos países que en 1999 dieron la bendición al bombardeo de la OTAN, en Belgrado, de la estación de TV pública serbia por llamarla “el ministerio de mentiras”; que callaron cuando Israel bombardeo en Beirut la estación de TV Al-Manar en el 2006; que callan los asesinatos de periodistas críticos colombianos y palestinos. Luego de la hermosa retórica pro-libertad, vendrá la acción liberticida: más macartismo dizque “anti-terrorismo”, más intervenciones coloniales, más restricciones a esas “garantías democráticas” en vías de extinción, y por supuesto, más racismo. Europa se consume en una espiral de odio xenófobo, de islamofobia, de anti-semitismo (los palestinos son semitas, de hecho) y este ambiente se hace cada vez más irrespirable. Los musulmanes ya son los judíos en la Europa del siglo XXI, y los partidos neo-nazis se están haciendo nuevamente respetables 80 años después gracias a este repugnante sentimiento. Por todo esto, pese a la repulsión que me causan los ataques de París, Je ne suis pas Charlie.

José Antonio Gutiérrez D.
7 de Enero, 2015

Paru sur le site http://www.anarkismo.net/article/27767

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