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DE DUR MATIN MUTANT MUTIN. (Sonnet amplifié)

24 janvier 2013

                                          I

Au si tard matin, tristes souvenirs s’égaillent

En cheveux insensés, l’esprit de nuit perdu.

Mon faible lutin – à chanter d’un trait l’air du

« Reviens-y, mon ami » – m’y a mis la pagaille.

                                         *

Que sont ces esprits, qui nocturnement m’assaillent 

En ces lieux recréés, désuets, très assidus,

Lisières sans but, ces mondes à moi si dus,

Dédales ou déserts, vacuités qui tressaillent ?

                                         II

Éthers, ils ont noms : un pas sur la mer, tendu…

Falaise, envol… et vol frivole – ouf ! attendu…

Rochers escaladés… arbres des bois sans taille…

                                         *                                                  

Menhirs et dolmens, moulins et châteaux pendus,

Phares anciens, blockhaus brisés, riens épandus…

Pont, val, mont… tour, mur, grue… en ordre de bataille…

                                        III

À terre, âpres dons : frontière-Artémis fondue  

Entre champs et cités… dérive morfondue,  

Seul aux chemins sans but… univers de grisaille…

                                          *

Mondes confondus… un clair contenu, pondu

Goutte à goutte, à pitié… à quoi ont répondu,

Étriqués, mêles-ciels à fleuves sans cisaille.

                                        IV

Abris sans surnoms : logis biscornus, fendus,

Pentus, tout rapiécés… brisés, non défendus

Sont ces dossiers mulons au béton qui défaille…

                                         *

Aux noirs des Enfers : caves et couloirs tondus

De jours, alambiqués… de suaire à fronton du,*

Passages sous la mer… grotte étouffe à la faille…

 

 

* du : noir, en breton ; cf. l’allemand «dunkel » et  l’anglais « dark », sombre.

 

(à suivre)

 

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