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Blog de Jean-Pierre Fleury.

Le blog accueille aussi, de temps à autre, des articles d’Olivier Mathieu : ces articles, alors, sont signés Olivier Mathieu (en titre et/ou en fin d’article);

Ou encore des copies d’articles signés ou non d’autres blogues ou sites; ces articles sont également clairement signalés.

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Ajout du 3 juillet : Excellent article du cinéaste S. Guillet au sujet de la réédition (2016) d’un livre     d’ Olivier Mathieu, LES JEUNES FILLES ONT L’AGE DE MON EXIL,  2010.

http://sebguillet.fr/2016/jeunes-filles-ont-coeur-pur/

Culte du Veau-d’Or, dictature de pseudo-élites de maffieux financiers et/ou politiques et/ou religieux… capitalisme mondialiste délirant, technologisme destructeur et barbare, dégénérescence des arts et de la culture, décadence des idées, des valeurs, du sens même des mots… décrépitude d’une civilisation :

– lassé de répéter ce qu’il en est de l’état de délabrement de la société, lassé d’évoquer sans cesse la situation réellement folle d’un monde à l’envers qui part à la dérive, court à sa ruine (alors que techniquement il n’y a jamais eu autant de moyens pour qu’il en soit tout autrement),

– lassé de devoir évoquer l’actualité à travers les actes bas, vils et quotidiens de ceux qui nous imposent ou entretiennent une telle monstruosité,

– lassé de devoir rapporter, pour en faire la critique, les propos d’un « haut-du-pavé » médiatique d’une médiocrité crasse, d’une incommensurable nullité intellectuelle, d’un anti-humanisme foncier (autant de tubes digestifs à pattes imbus de « la grâce » des pauvres types, qui semblent ignorer leur caractère mortel, et paraissent destinés à entretenir le mal, le laid, l’ignoble et le faux),

– lassé de ressentir un sentiment de prêche dans le désert,

– et occupé par l’édition de quelques livres, bouteilles à la mer à l’usage de qui a encore une âme et un cœur,

Je ferme ce blog (au 1005e article) ; il restera visible, du moins pour l’instant, comme j’ai précédemment fermé les sites, toujours visibles : « À l’enseigne des petits bonheurs & autres banalités de base » (accès : http://alenseignedespetitsbonheurs.com/cariboost1/) créé en septembre 2008, et « Nouvelles exégèses des lieux communs » (accès : http://nouvelles-exegeses-des-lieux-communs.com/cariboost1/) créé en novembre 2008, ainsi que le blog également visible : lequichotte.unblog.fr/.

NB. J’ai renoncé à remettre en forme certaines pages des deux sites ; un changement d’ordinateur a mis du désordre dans leur logiciel d’édition.

Enfin, je précise que si jamais je devais rouvrir un blog, ce serait avant tout pour y présenter mes livres. Je rappelle que ces derniers sont inscrits aux fichiers de la B.N.F.

Entendu tout récemment à la télévision…

Laurent Gerra est un imitateur et dit-on aussi un « comique ». En ce moment, on fait de la réclame à grands cris pour son dernier spectacle consacré à ses vingt-cinq ans de carrière.

De ce que j’en connais, Laurent Gerra est une personne qui se risque à des blagues sur les hommes politiques finalement gentilles et anodines, pour ne pas dire convenues ou allant dans le sens du vent général, blagues aussi « drôles » et aussi répétitives que celle de l’autre « comique » Canteloup de TF1.

Il n’a donc jamais cassé quatre pattes à un canard dans l’humour : il fait partie de tout ce marigot « comique » sans profondeur, ni esprit réellement caustique ou vraiment dérangeant (ça ronronne), à l’inverse du monde qui fut celui de feus Coluche et Desproges, ou même encore des Inconnus. C’est d’ailleurs pour ça qu’il passe partout, et chez son ami Drucker en particulier (ami de toute l’élite du « chaud-bise »). C’est dire.

Il y a peu j’ai entendu ceci à la télévision d’État FR3 : « Laurent Gerra est toujours aussi politiquement incorrect ».

Mazette ! Combien de procès sur le dos ? De condamnations ? Voire de mois de prison ? S’il était réellement « politiquement incorrect », le faux-rebelle animateur de fins de banquets, il ne passerait jamais à la télévision, on ne parlerait pas de lui, on n’en ferait pas de la pub sur tous les media…

Encore un propos digne de l’agrégé de lettres modernes bien connu.

L’autre jour l’académicien agrégé de lettres modernes, mais qui ne semble pas connaître le sens des mots ou leur bon usage, s’est déclaré victime, lui et sa femme, d’un « nettoyage ethnique » sur la Place de la République.

Si c’est du nettoyage ethnique, alors toi le sioniste, dans ton monde à l’envers, tu appelles ça comment (je m’abstiens d’en monter plus) ?

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La chasse aux palestiniens ? Aux papillons ? Un acte d’amour ?
Tu es proprement indécent. Honte à toi ! 

L’OUTRECUIDANCE DE L’ACADÉMICIEN PROVOCATEUR

Autre détail à propos du misérable pousse-au-crime bien connu. Et grand malade. Lui qui fait l’actualité chaque semaine, pour ne pas dire chaque jour avec des propos racistes et anti-pauvres, n’est pas à un paradoxe près.

Le vulgaire académicien provocateur, totalement involontairement, vient d’énoncer sa première vérité philosophique. Oui ! cet agent provocateur a déclaré entre deux injures académiques (mais on est à bonne école avec un ancien président (casse-toi, pauv’ con) quand un actuel premier ministre, qui j’espère a tremblé samedi, un petit caudillo « socialiste » pas mal non plus, déclare comme il y a quelque temps : « il y a un peu trop de blacks ici… la prochaine fois, il faudra me mettre des blancos, des whites ») :

Cette démocratie, c’est du bobard ; ce pluralisme, c’est un mensonge.

Là, il vient de comprendre. La rue n’est pas un studio de télévision ou de radio. Pour une fois il était dans le mauvais rôle et face aux gens de la rue, les muets constants de la « démocratie ». Mais, il l’a bien cherché, non ?! Et il sait en faire la publicité. Et les larbins du journalisme savent en rajouter de l’huile sur le feu sur sa grande découverte philosophique, qui lui est tombée de et sur la gueule, et ils la reprennent bien évidemment dans le sens de l’écrasement des petits par les nantis.

Que n’eusses-tu déclaré, toi le bourgeois, toi le privilégié, toi le larbin du système, toi le suprémaciste, toi le raciste, toi le partisan de faire des enfants des jouets sexuels, la même chose après le lynchage journalistique (pour ne pas dire plus) de la beurette qui t’a remis à ta place de minable, de pitre de la décadence ?

Et de provocateur à la guerre civile qui approche un peu plus chaque jour. On y vient, on y vient !

Rajoutes-en encore une couche, penseur médiocre, non penseur, immortel crétin depuis tes vingt ans où tu étais déjà partisan du totalitarisme du côté du grand démocrate Mao.

Beurk !

Finkielkraut chahuté à la « Nuit debout », que faut-il penser de cette fable ? Par Olivier Mathieu.

Curieuse historiette que celle d’Alain Finkielkraut en visite à la manif de la « Nuit debout ».
Curieuse, oui, parce que si personne n’interdit évidemment à Finkielkraut de se promener là où il le désire, il ne pouvait ignorer qu’une réaction hostile à son égard n’était pas à exclure, voire était plus que probable. A moins de prendre les gens pour des idiots, il ne pouvait dire qu’il l’ignorait.
Car personne ne pouvait l’ignorer. Bien sûr, une démocratie « idéale » serait celle où tout un chacun pourrait exprimer ses opinions ou porter ses pas où il le veut. Mais de l’idéal à la réalité, il y a un gouffre. Il est assez facile, me semble-t-il, de comprendre que Jean-Marie Le Pen à la Fête de l’Huma, ou Mélenchon à une fête du FN, ou Dieudonné à un dîner du CRIF, ou Bush à une manif « no global », etc, etc, ne recevraient pas forcément un bon accueil…
Bien sûr, une démocratie idéale serait (par exemple) celle où un invité ne se ferait pas lyncher, sur un plateau de télévision, par un groupuscule paramilitaire d’extrême droite. Mais de l’idéal à la réalité, il y a un gouffre…
Il eût donc été étonnant, dans un monde qui n’est pas celui de l’idéal mais celui de la réalité, qu’Alain Finkielkraut reçoive un très « bon » accueil à la Manif de la Nuit debout. Est-ce que ce monsieur, que l’on dit « philosophe » (même s’il n’est qu’agrégé de Lettres modernes), pouvait l’ignorer ?
Les vidéos de ce passage à la manif de la « Nuit debout » sont peu faciles à interpréter. En tout cas, celles qui ont été diffusées (car il doit y en avoir d’autres). Il semble que Finkielkraut, à une et peut-être deux reprises, ait porté ses pas aux alentours de la manifestation en question. Il semble escorté. Il serait intéressant de savoir s’il y a ou pas, autour de lui, par exemple des policiers en civil ou des journalistes.
Des gens qui portent semble-t-il des brassards, et dont j’ignore pour ma part (mais quelqu’un doit le savoir) s’il s’agit de policiers et / ou de membres d’un service d’ordre, semblent l’accompagner vers un passage piéton où il se retourne et, se sentant dès lors en sécurité, commence à insulter ceux qui l’ont précédemment hué.
On retrouve alors, dans la physionomie de Finkielkraut, dans les expressions de son visage, tout comme dans le choix de son vocabulaire, une violence sourde et quasiment pathologique. Mais aussi, me semble-t-il, une vulgarité bien éloignée du tact que l’on prêtait, jadis, aux académiciens et aux salons académiques.
« « Saloperies », « fascistes », « pauvre conne » peut-on entendre Alain Finkielkraut répondre avant de quitter les lieux », note ainsi le Huffington Post.
RTL relate, pour sa part : « « Pauvre conne ! », a-t-il ensuite lancé deux fois à une femme qui l’a interpellé. « Ça va à la fin, je me fais insulter je peux répondre aussi, oui ? » Un vocabulaire fleuri loin de celui employé habituellement par les Sages de l’Académie française »…
Dix mètres plus loin, avec une parfaite synchronisation (certainement due au hasard), il rencontre quelqu’un qui, se pésentant comme un « media indépendant », l’interviewe. Quelqu’un à qui Finkielkraut accorde cet « entretien » avec une spontanéité quelque peu étonnante… C’est l’entretien où Finkielkraut se plaint d’avoir été ni plus ni moins que… « purifié ».
Que s’est-il passé ? Alain Finkielkraut, auquel sont ouverts tous les journaux, toutes les radios et toutes les télés, n’avait aucun besoin de se rendre à la manif de la « Nuit debout ». Il a d’ailleurs lui-même confirmé qu’il n’y venait pas pour s’exprimer. Et l’on peut supposer que les idées des organisateurs et des manifestants de la « Nuit debout » soient aux antipodes des idées finkielkrautiennes. Mais alors, pourquoi est-il venu ? Pourquoi ?
Dans quelle intention ? Et avec qui est-il venu ? Qui était au courant de sa venue ? Des journalistes avaient-ils été avisés ? Des policiers ? Qui étaient les gens qui l’ont escorté ?
« Escorté », le terme est celui qu’emploie par exemple France Info: « Le philosophe, escorté par quelques personnes du service d’ordre de Nuit debout, est obligé de quitter la place de la République, très énervé, très en colère. Lui aussi s’emporte et insulte une manifestante, la traitant de « pauvre conne » à plusieurs reprises ».
Bis ripetita placent : par qui était escorté Finkielkraut ?
Et puis, qui étaient les gens qui l’ont aussitôt interviewé, sur un trottoir (tandis qu’à quelques mètres passait, visible sur la vidéo, une camionnette de la police) ?
Que s’est-il donc passé, s’il s’est effectivement passé quelque chose de vraiment important ou mémorable ?
L’attitude de Finkielkraut n’avait-elle pas quelque chose d’une provocation ? De l’autre côté, le comportement prêté à certaines personnes (mais qui était-ce, au juste ?…) ne saurait, à mon avis, refléter en quoi que ce soit l’intégralité du mouvement « Nuit debout ».
« Je pense que si trois ou quatre personnes n’étaient pas intervenues, je me faisais lyncher », a déclaré Finkielkraut en personne.
Diantre, l’intervention de « trois ou quatre » personnes a suffi à éviter un « lynchage »  et une telle « purification » de la Place de la République ?
Une dernière chose. Depuis des années M. Finkielkraut bénéficie sur tous les plateaux de télé, à la radio, dans la presse, et à travers des conférences organisées partout en France, de l’opportunité de propager ses thèses, dont on connaît la teneur… Les musulmans et les jeunes des banlieues en savent quelque chose.
Or, Finkielkraut rabâche jusqu’à la nausée sa propagande – une propagande qui a désormais gagné, je le crains, une très large majorité de la population française – mais personne ne s’en indigne. Les gens qui tentent de contredire Finkielkraut sont voués au silence. D’où le risque de voir des personnes le chahuter dans la rue.
Déjà, en quelques heures, la « grande » presse consacre des centaines voire des milliers d’articles à la p’tite promenade de Finkie à la manifestation de la Nuit debout. Une petite promenade dont le résultat, sinon le but, aura été de délégitimer, ou d’essayer de délégitimer la « Nuit debout » ?…
En tout cas, grâce à ce quelque peu étrange épisode, revoici Finkielkraut sous les feux de l’actualité, et bien entendu dans le rôle de la victime éternelle. Le non-événement de Place de la République a en tout cas eu l’avantage que l’on parle davantage de Finkielkaut que de Varoufakis (lequel, coïncidence, avait choisi le même jour pour se rendre à la même manif).
Finkielkraut va pouvoir, sur tous les plateaux de télé, se plaindre et se lamenter. En attendant de lancer son prochain livre, dont ses amis journalistes ont déjà, sous le coude, des articles tout prêts à la gloire de l’énième « chef d’oeuvre » finkielkrautien ? Pauvre, pauvre, pauvre France…

Olivier Mathieu.

CENSURE, NETTOYAGE ETHNIQUE ET GRAND GUIGNOL

Communiqué du CSA, bureau de la Censure Sioniste Arabophobe.

*

Émission « Des paroles et des actes » du 21 janvier 2016 : intervention auprès de France Télévisions

Date de publication : mercredi 13 avril 2016

Assemblée plénière [sic! aux innocents les mains… plénières] du 17 février 2016

Le CSA [bureau de la censure d’État] a été alerté [Au feu !] par un très grand nombre [combien?] de téléspectateurs [semble-t-il le CRIF et autres sionistes et racistes anti-arabes] au sujet d’une intervention [inadmissible, une honte en soi] dans l’émission Des paroles et des actes [sic], diffusée sur France 2 [télévision d’État] le 21 janvier 2016, au cours de laquelle une personne [une bougnoule, c’est dire ! comment a-t-elle pu s’infiltrer là ? imaginez si ça avait été une terroriste] a interpellé [osé parler à la télévision française, alors qu’on ne lui demandait rien comme d’habitude, et plus encore dire ce qu’elle pensait à] l’un des invités [un être élu et respectable, un puits de science infuse, doit-on le rappeler]. Les plaignants [des noms !] regrettaient que le parcours militant [la fiche de police, les fantasmes de certains, la mauvaise et regrettable étiquette, le sale pedigree] de l’intervenante [la sous-femme] n’ait pas été porté [tel un animal sacrifié ou une hostie] à la [jusqu’au saint lieu et la sainte table de la sainte] connaissance du [bon] public [ignare et docile] lors de cette séquence [« désamorphisant » et « déformolisant » le microbe téléspectateur de base].

Après examen [mise en examen, puis grattage de tête pour savoir comment on allait acquiescer aux demandes de la secte qui n’existe pas, tout en étant malgré tout très influente, sans trop le montrer], le Conseil a regretté que [mis au rang du dernier des hommes] le journaliste [l’antisémite récidiviste Pujadas qui a déjà osé diffuser un reportage consacré à l’ignoble mouvement « Boycott Désinvestissement Sanction » le 10 février 2016 dans le journal télévisé de France 2, entraînant le juste et justifié courroux du président de la kommandantur sioniste du Crif, suivi du juste châtiment de l’impie puisqu’on lui a supprimé l’émission ci présentement évoquée et dont nous rappelons le titre : Des paroles (à censurer) et des Actes (inconsidérés à prohiber)] qui menait le débat n’ait pas fait état des éléments permettant de considérer que l’intervenante [permettant de dire crûment que le chancre de cette communauté que l’on est obligé de se farcir – on ne peut pas les tuer, on n’est pas en Palestine!] avait un engagement militant [quelle était beurette antisioniste et elle réellement anti-raciste et anti-colonialiste] sur le sujet abordé [dont nous ne dirons pas ce qu’il était tellement on est des pleutres et tellement c’est grotesque] lors du débat [le consensus], alors qu’une telle information [un tel avertissement du genre : vivement déconseillé aux esprits conformistes], dans le cadre d’une émission [de propagande] politique abordant des sujets controversés [mais apparemment pas controversables], aurait été utile [au maintien d’un bon état d’esprit national et] pour la bonne compréhension des [bons] enjeux par le [bon] téléspectateur [à éduquer, à « pédagogiser » ; comme il aurait été bon de rappeler l’engagement politique (et accessoirement pédérastique) des deux seuls « débattants«  et prétendus opposants (mais bien d’accord sur le fond en ce qui concerne la domination de la classe bourgeoise et du capitalisme mondialiste), en rappelant également que tous deux sont des naturalisés français et qu’ils appartiennent tous deux à la même communauté ultra-minoritaire mais néanmoins très médiatiquement publicitée et bavarde, ce qui fait un peu court quand le débat porte sur rien de moins que : l’identité française].

En conséquence, le CSA [Casse-toi Sale Arabe] a demandé aux [ir]responsables de France Télévisions [1] de veiller à [2] respecter, [3] à l’avenir, [4] leurs obligations en matière [5] de rigueur [autrement dit : de censure et de respect dû aux êtres d’élite] dans la présentation [le cours bien formaté de bonne instruction civile] et le [bon] traitement de l’information [la propagande], prévues à l’article 35 de son cahier des charges. [décharge… publique ; Amen !]

RATÉ

Je connais un écrivain italien beaucoup plus jeune que moi, mais uniquement à distance ou par quelques photos, et surtout par ses textes. Malheureusement, textes critiques ou littéraires que j’ai du mal à lire, non pas parce qu’il écrit de travers ou des choses compliquées mais, plus prosaïquement, parce je n’ai jamais appris sa langue.

Pourtant, il m’est arrivé une fois de traduire un article de lui, non sans mal, et avec l’aide bien évidemment de bons dictionnaires. J’ai l’avantage aussi de m’intéresser à l’ancien-français, or l’italien est une langue conservatrice tant au niveau du lexique que du sens des mots eux-mêmes, et parfois les deux – ancien-français et italien – se rapprochent. Et j’ai l’avantage enfin d’avoir appris cahin-caha, tant bien que mal un espagnol de base. Ce qui aide aussi.

Rares sont les collèges et les lycées qui proposent aux élèves l’apprentissage de l’italien qui est pourtant une langue si chantante, si agréable à écouter, si théâtrale (dans le bon sens du terme, bien évidemment). C’est la langue de l’opéra par excellence et du bel canto. C’est ma langue préférée. Cela fait des années que je le dis. Où est le temps où je prenais grand plaisir à voir et écouter en version originale sous-titrée les films de toute cette génération de grands cinéastes et bons acteurs italiens sortis de l’après-guerre? Morts pour la plupart aujourd’hui. Comme est morte depuis des années mon envie de fréquenter les cinémas.

Et puis, il y a aussi autre chose qui m’aide : je crois avoir compris le fond de son esprit, aussi bien au niveau éthique, qu’esthétique, que politique, que critique de ce monde pourri de la décadence. Du capitalisme, de l’impérialisme, du colonialisme et autres « ismes », de la propagande médiatique, de l’inculture ou de la sous-culture, du déclin généralisé, de la déliquescence des arts. De climat de fin de civilisation.

Et comme c’est pour l’essentiel ma vision des choses, cela m’aide même par moment à saisir le sens de certains mots ou expressions sans grand risque de me tromper.

Il faut dire que cet italien a fait de longues études, il est aussi titulaire d’un doctorat d’histoire. Sa profession ? Employé, homme un peu à tout faire, prolétaire.

Tout récemment après avoir exprimer sa rage et sa haine d’un tel monde, il ajoutait, je résume : je suis un raté sans ambition et sans perspectives.

J’aurais envie de lui répondre ceci : moi, je suis docteur en sociologie. Et ma « profession » a été employé de bureau. Prolo également, comme mon père finalement, mais lui était ouvrier. Et j’ai fini ma non-carrière, mon gagne-pain en étant reconnu comme « inapte au travail ». Mais mon ambition a toujours été d’écrire. Mes perspectives politiques d’autrefois (j’avais tout juste dix-sept ans en Mai 68) sont demeurées intactes mais je les appelle « utopies », l’homme étant ce qu’il est, c’est-à-dire généralement pas grand chose de beau, de grand, de fréquentable. De la graine d’esclave râleur, mais pour tout dire satisfait de son sort.

Et finalement ma vraie et première perspective est depuis bien longtemps de continuer à écrire le plus possible, en toute liberté autant que faire se peut, et d’éditer à petit tirage (plus étant inutile) tout ce que j’ai encore sous le coude, dans une société qui ressemble de plus en plus à un mélange d’Île du docteur Moreau, du Meilleur des mondes et de 1984.

Raté, je le suis et c’est tant mieux, c’est dans l’adversité que l’on est le meilleur (ou le moins mauvais), le plus créatif et inventif. Cependant, je ne dis pas que c’est rose pour cela. Bien que j’ai l’habitude depuis le temps, ayant toujours été à la marge depuis mon plus jeune âge. Mais peut-il (et doit-il) en être autrement dans un monde à l’envers, dans un monde abject qui a la tête en bas, qui a perdu toute raison, tout sens du beau, du bien, du bon, de tout ce qui élève et de tout humanisme ? Et où toute reconnaissance, du moins reconnaissance large ou patentée ne peut être que suspecte ?

Écrire, publier sur tous les sujets qui nous occupent ou préoccupent, nous touchent, nous indignent, nous font réfléchir et illustrer au mieux ce qu’il faut entendre par « raté », « vrai raté » au sein de ce cloaque ordurier, de cette Cloaca Maxima des temps si technologiquement modernes et si vils, dont la mentalité commune s’est décomposée en éléments putrides.

Et s’accrocher d’une manière tenace aux vieux poètes de talent, aux artistes véritables, aux vrais philosophes, aux idéalistes, autrement dit aux grands ratés.

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